Le Canadien Terrestar Solutions a signé mercredi 28 octobre un protocole d’accord avec Space42 et Viasat, cofondateurs d’Equatys, pour définir un cadre d’interopérabilité ouvert entre sa future constellation LEO CaStar et la plateforme partagée Equatys. L’annonce figure dans le communiqué de Viasat, après le communiqué de fondation d’Equatys publié en septembre . L’accord a été conclu en marge de la visite au Canada du prince héritier d’Abou Dabi, en présence du Premier ministre Mark Carney.
Equatys se présente comme une infrastructure spatiale et terrestre mutualisée, sur un modèle proche des « tower companies », destinée aux services direct-to-device (D2D) et aux services mobiles par satellite avancés en environnement 5G. Space42 et Viasat avaient signé en septembre 2026 un accord engageant pour la fonder, avec jusqu’à un milliard de dollars d’engagements en fonds propres. Selon Via Satellite, Terrestar est le premier opérateur satellite hors cofondateurs à rejoindre cette approche.
Que change l’approche « sovereign shell » ?
Le MoU décrit une architecture multi-systèmes NTN dans laquelle chaque opérateur conserve la propriété et le contrôle de ses actifs spatiaux, de son segment sol et de ses clients. CaStar fonctionnerait comme un système national canadien souverain, avec des passerelles et un réseau sol situés au Canada pour garder les données domestiques sous juridiction canadienne, tout en s’interconnectant à Equatys à l’échelle mondiale. Viasat et Space42 nomment cette logique « sovereign shell » : des constellations nationales ou régionales, gérées par un opérateur local de confiance, construites selon des standards communs pour rester pleinement interopérables.
Les parties entendent s’appuyer sur des interfaces ouvertes alignées sur les spécifications 3GPP NTN et les cadres d’itinérance de la GSMA, plutôt que sur des intégrations propriétaires point à point. L’objectif affiché est de mieux coordonner puissance, faisceaux, capacité et accès aux passerelles, tout en réduisant les dépenses d’investissement et d’exploitation.
Qui est Terrestar et que vise CaStar ?
Via Satellite rappelle que Terrestar détient depuis 2014 une licence sur 20 MHz de spectre MSS au Canada (2000-2020 MHz et 2180-2200 MHz) et possède le satellite géostationnaire Echostar T1. L’opérateur n’a pas encore annoncé de maître d’œuvre pour CaStar. Son PDG Jacques Leduc évoque une contribution canadienne « contrôlée nationalement, connectée mondialement », destinée à intégrer réseaux satellitaires et mobiles terrestres pour des terminaux du quotidien. Le dossier s’inscrit dans la même bataille D2D que le feu vert FCC au rachat de Globalstar par Amazon Leo et les manœuvres européennes autour des fréquences MSS.
Quel calendrier pour Equatys ?
Le communiqué du 28 octobre ne détaille pas le calendrier de service de CaStar. Sur Equatys elle-même, Via Satellite rapporte des propos de Mark Dankberg, président de Viasat, tenus lors du World Space Business Week : le système viserait jusqu’à 2 800 satellites, démarrerait avec moins de 200 appareils pour une couverture continue, puis monterait en charge, avec une intention de service d’ici fin 2029. Equatys combinerait 100 MHz de spectre MSS provenant de Space42 et Viasat.
Karim Michel Sabbagh, managing director de Space42, présente le MoU comme la preuve que systèmes souverains et infrastructure mondiale partagée peuvent se renforcer mutuellement. Mark Dankberg, PDG de Viasat, insiste de son côté sur une architecture ouverte capable d’entraîner MNOs, fabricants de terminaux, fournisseurs de chipsets, régulateurs et organismes de normalisation.
Ces chiffres de constellation et de date relèvent du cadrage antérieur du projet Equatys, et non du MoU Terrestar lui-même, qui reste un accord de principe sur l’interopérabilité. Reste à voir combien d’autres États « middle power » adopteront la même coquille souveraine face aux constellations verticalement intégrées.



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