Vivo Satélite s’appuie sur la constellation Starlink Mobile pour couvrir l’ensemble du territoire brésilien. © Starlink / SpaceX
Le satellite direct sur smartphone franchit un nouveau cap. Vivo, la marque mobile de Telefônica Brasil (filiale du groupe espagnol Telefónica, à ne pas confondre avec le fabricant chinois de smartphones), a lancé le lundi 26 octobre Vivo Satélite, un service conçu avec Starlink Mobile, la branche satellite-smartphone de SpaceX. Selon l’opérateur, relayé par Teletime, il s’agit du premier service de ce type couvrant l’ensemble du territoire brésilien. Il est accessible dès maintenant à une base initiale d’environ 50 millions d’abonnés, particuliers comme entreprises, précise aussi Tele.Síntese.
Le principe est celui du direct-to-device (D2D) : lorsqu’un smartphone compatible sort de la couverture du réseau terrestre de Vivo, il se connecte automatiquement à la constellation de satellites en orbite basse de Starlink, à condition d’être à l’extérieur avec une vue dégagée sur le ciel. De retour à portée d’une antenne, il rebascule sur le réseau classique, sans manipulation. Sur l’écran, la connexion satellitaire s’affiche sous le libellé « Vivo Starlink », selon les précisions reprises par la presse brésilienne.
Quels usages pour Vivo Satélite ?
Au lancement, le service reste limité à une sélection d’applications. Vivo cite l’envoi et la réception de messages et de messages vocaux via WhatsApp, RCS, SMS, iMessage et Google Messages, la consultation de Google Maps et d’Apple Maps, ainsi que l’application de l’opérateur. Tele.Síntese indique avoir pu passer des appels WhatsApp, mais précise que cette première version n’est pas pensée pour le streaming vidéo. L’opérateur n’a communiqué ni débits, ni volume de données, ni tarif après la période promotionnelle.
Côté technique, toujours selon Tele.Síntese, le service s’appuie sur une petite portion des fréquences de Vivo dans la bande des 2,6 GHz et repose sur la première génération de satellites Starlink dédiés au mobile. Certains modèles Samsung, Motorola et Apple activent un mode satellite spécifique qui suspend les tâches gourmandes, comme les sauvegardes, et optimise les applications de cartographie et de messagerie pour consommer moins de données. Vivo dit travailler à reproduire cette expérience sur les appareils qui ne disposent pas de ce mode.
Une offre gratuite pendant douze mois ?
Pour accélérer l’adoption, Vivo Satélite est gratuit pendant douze mois pour les particuliers et trois mois pour les clients professionnels. Sont concernés les forfaits postpayés, Controle et Lite éligibles, ainsi que les clients prépayés ayant rechargé plus de 30 réais. Les objets connectés M2M (machine à machine) feront l’objet d’offres spécifiques.
L’enjeu est surtout géographique. D’après l’opérateur, son réseau terrestre couvre 98 % de la population brésilienne, mais une grande partie du territoire reste sans antenne : forêt amazonienne, axes routiers isolés, zones rurales. « Avec Vivo Satélite, les clients de Vivo ont du signal où qu’ils soient : sur les routes, dans les zones rurales, isolées ou difficiles d’accès », résume Alex Salgado, directeur des opérations de Vivo, cité par Teletime.
Vers le haut débit par satellite en 2027 ?
La partie la plus stratégique de l’accord concerne la suite. Vivo et SpaceX évoquent une connexion à haut débit lorsque la prochaine génération de satellites Starlink Mobile sera en service. « À l’avenir, le service offrira une connectivité à haut débit grâce à la prochaine génération de notre technologie », affirme Stephanie Bednarek, vice-présidente des ventes de SpaceX. Starlink évoque un déploiement de ces satellites V2 à partir de 2027, sans que Vivo ait communiqué de calendrier commercial précis.
Ce lancement illustre aussi le double jeu des grands opérateurs. En Europe, Telefónica figure parmi les acteurs qui s’organisent pour ne pas dépendre de SpaceX, avec Orange, Deutsche Telekom et Vodafone, qui visent les fréquences MSS. En Amérique latine, sa filiale brésilienne choisit au contraire Starlink pour couvrir tout un pays, dans une course où Starlink Mobile multiplie les partenariats opérateurs.



Tech


Satellite-smartphone : AT&T, T-Mobile et Verizon contestent le plan de la FCC




