Sites contre applis : plus de 13 points d’écart
L’Aperçu IA s’affiche en tête des résultats de recherche Google sur smartphone (à gauche), avant les liens vers les sites, ici à côté du Mode IA sur ordinateur. © Google
Le constat s’appuie sur le classement des marques numériques de l’ACPM pour septembre 2026. L’organisme certifie chaque mois la fréquentation des sites et des applications de ses adhérents, mais il ne calcule pas d’évolutions. C’est The Media Leader qui a comparé septembre 2026 à septembre 2025 sur un panel de 40 marques d’information générale, nationales et régionales : 1,70 milliard de visites, contre 2,14 milliards un an plus tôt (-20,8 %). Les sites reculent de 22,9 %, les applications de 9,4 % à périmètre comparable.
Selon ce même décompte, le site de Franceinfo perd 32,9 % de ses visites, ses applis 9,9 %. Le Parisien cède 43,5 % sur le web et 19,3 % sur ses applications. Le réseau ici (ex-France Bleu) voit son site divisé par plus de deux (-55,8 %), tandis que son appli progresse de 21,8 %.
Selon ce même décompte, le site de Franceinfo perd 32,9 % de ses visites, ses applis 9,9 %. Le Parisien cède 43,5 % sur le web et 19,3 % sur ses applications. Le réseau ici (ex-France Bleu) voit son site divisé par plus de deux (-55,8 %), tandis que son appli progresse de 21,8 %.
Le web mobile, porte d’entrée la plus exposée
Pourquoi les sites décrochent-ils davantage ? Leur audience passe massivement par le smartphone, et en grande partie par Google. Les données publiques de l’ACPM pour août 2026 le confirment : sur Franceinfo.fr, 120,9 millions des 136,5 millions de visites proviennent du site mobile, soit 89 %. Cette part dépasse 90 % pour LeParisien.fr, atteint 92 % pour Bfmtv.com et 74 % pour LeMonde.fr. Sur les 234 sites du classement, le web mobile pèse 84,5 % des visites, selon notre calcul.
Or l’Aperçu IA s’affiche précisément en haut de la page de résultats, avant les liens. Google l’a déployé le 22 juillet « sur mobile et ordinateur, ainsi que dans l’application Google sur Android et iOS ». Sur un écran de smartphone, ce résumé généré par Gemini peut suffire à repousser les liens des éditeurs hors du premier écran, et à rendre le clic superflu.
Or l’Aperçu IA s’affiche précisément en haut de la page de résultats, avant les liens. Google l’a déployé le 22 juillet « sur mobile et ordinateur, ainsi que dans l’application Google sur Android et iOS ». Sur un écran de smartphone, ce résumé généré par Gemini peut suffire à repousser les liens des éditeurs hors du premier écran, et à rendre le clic superflu.
L’appli, un accès direct qui contourne Google
Une application d’information s’ouvre depuis l’écran d’accueil ou une notification : aucun moteur ne s’intercale. Les éditeurs qui ont investi dans leurs applis disposent donc d’un amortisseur. En août, selon l’ACPM, les applis du Monde ont généré 53 millions de visites sur les 148 millions de la marque, soit environ 36 %, un ordre de grandeur cohérent avec celui avancé par son directeur général, Louis Dreyfus, auprès de Minted. Chez Franceinfo, l’appli ne représente qu’un cinquième des visites (33,4 millions sur 169,8 millions).
Reste une inconnue de taille : Google Discover, le fil d’actualités personnalisé d’Android et de l’appli Google, présenté par Minted comme la source de la grande majorité du trafic Google des éditeurs français. Il n’affiche pas encore de résumés IA en France, mais en propose déjà aux États-Unis, au Mexique ou au Brésil, selon une étude de Marfeel citée par le même média.
Reste une inconnue de taille : Google Discover, le fil d’actualités personnalisé d’Android et de l’appli Google, présenté par Minted comme la source de la grande majorité du trafic Google des éditeurs français. Il n’affiche pas encore de résumés IA en France, mais en propose déjà aux États-Unis, au Mexique ou au Brésil, selon une étude de Marfeel citée par le même média.
Une base 2025 exceptionnelle, une causalité à démontrer
Septembre 2025 avait été un mois hors norme : selon l’ACPM, le 10 septembre 2025, après le vote de confiance, la chute du gouvernement Bayrou et la nomination de Sébastien Lecornu, les sites et applis d’actualité avaient battu leur record annuel avec plus de 104 millions de visites. Cet effet de base gonfle les baisses, mais n’explique pas l’écart entre sites et applis, qui ont profité du même pic. En août, mois sans pic comparable, The Media Leader relève déjà -18,8 % pour les sites contre -2,5 % pour les applis.
L’ACPM elle-même n’a « pas d’outil pour déterminer précisément la provenance de ces visites », expliquait en septembre son directeur général, Jean-Paul Dietsch, à Minted. L’Alliance de la presse d’information générale (Apig) évoquait auprès du même média une mise à jour anti-spam de Google déployée en août, qui brouille l’analyse. Google assure de son côté qu’aucune baisse significative n’a été engendrée, rapporte The Media Leader.
L’ACPM elle-même n’a « pas d’outil pour déterminer précisément la provenance de ces visites », expliquait en septembre son directeur général, Jean-Paul Dietsch, à Minted. L’Alliance de la presse d’information générale (Apig) évoquait auprès du même média une mise à jour anti-spam de Google déployée en août, qui brouille l’analyse. Google assure de son côté qu’aucune baisse significative n’a été engendrée, rapporte The Media Leader.
Un dossier devant l’Autorité de la concurrence
Le 11 août, l’Apig a saisi l’Autorité de la concurrence. Elle juge que le « déploiement unilatéral de nouveaux usages des contenus de presse, sans autorisation préalable ni rémunération dédiée » méconnaît les engagements pris par Google en 2022. Pour les éditeurs, les chiffres de septembre plaident en tout cas pour une audience directe : celle de l’appli installée sur le smartphone de leurs lecteurs.



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