Décollage de la fusée Falcon 9 emportant les cinq premiers satellites BlueBird d’AST SpaceMobile, le 12 septembre 2024. © AST SpaceMobile
Le régulateur américain des télécoms veut ouvrir beaucoup plus de fréquences à la connexion directe entre satellites et smartphones. Lors de sa réunion publique du jeudi 29 octobre, la Federal Communications Commission (FCC) doit examiner un projet de règlement qui rendrait disponibles 482 MHz supplémentaires pour ce que l’agence appelle la « couverture complémentaire depuis l’espace » (Supplemental Coverage from Space, SCS). Les trois grands opérateurs mobiles du pays demandent d’en retirer deux bandes, qui supportent une partie de leurs réseaux 5G.
Que prévoit le projet de la FCC ?
Selon le projet publié par la FCC le 8 octobre, le nombre de bandes de fréquences ouvertes au SCS passerait de cinq à 13. Les 482 MHz proposés viendraient s’ajouter aux 344 MHz déjà inclus dans le cadre adopté en mars 2024, qui permet aux opérateurs terrestres de louer leurs fréquences à des opérateurs de satellites. Il s’agit d’un avis de projet de réglementation : son vote ouvrirait une consultation et ne vaudrait pas adoption définitive des règles.
Le texte propose aussi d’alléger les obligations actuelles. Un opérateur de satellites n’aurait plus à conclure de bail avec tous les détenteurs de licences sur une zone aussi vaste que les États-Unis contigus. Il pourrait définir des zones de licence sur mesure, limitées aux territoires desservis, et signer des accords de coexistence avec les opérateurs terrestres. La FCC veut également harmoniser ces règles avec celles du service mobile par satellite (MSS) et consulter sur des exigences de performance pour les services directs vers les terminaux, dits D2D.
Pourquoi les opérateurs veulent-ils retirer 290 MHz ?
Parmi les bandes visées par le projet figurent la bande 2,5 GHz, pour sa portion 2 500-2 690 MHz, et la bande 3,45 GHz (3 450-3 550 MHz), soit 290 MHz au total. D’après le document de la FCC, T-Mobile détient l’essentiel de la première et AT&T est le principal détenteur de la seconde. Selon Light Reading, la CTIA, qui représente l’industrie mobile américaine, et des responsables d’AT&T, T-Mobile et Verizon ont rencontré des cadres de la FCC le 20 octobre pour demander leur retrait.
Leur argument est technique. Ces bandes 5G fonctionnent en mode TDD, où montée et descente des données se partagent la même fréquence par intervalles de temps, alors que les services D2D utilisent des fréquences appariées en FDD. « La couverture complémentaire depuis l’espace n’est pas techniquement réalisable dans les bandes TDD », écrivent-ils dans le compte rendu de la réunion cité par Light Reading. Ils indiquent qu’environ 300 millions d’utilisateurs dépendent de ces bandes.
Dans un dépôt séparé, T-Mobile estime que jusqu’à 96 % de la zone de couverture montante d’un site pourrait être perdue là où déborde le signal satellite, avec des débits montants réduits de 88 % à 99 %. L’opérateur rappelle que l’usage D2D de la bande 2,5 GHz avait déjà été écarté en 2024. Toute fréquence ouverte au D2D profiterait à des acteurs comme Starlink, souligne Light Reading, alors que SpaceX développe son service Starlink Mobile.
Où en est AST SpaceMobile au Brésil ?
Le débat américain coïncide avec l’expansion internationale des opérateurs de satellites. Dans un communiqué publié le 26 octobre, AST SpaceMobile annonce avoir obtenu de l’Anatel, le régulateur brésilien, une autorisation portant sur 30 MHz en bande S (15+15 MHz), ainsi qu’une approbation pour l’usage secondaire de la bande 700 MHz. Grâce à des accords avec quatre opérateurs régionaux, dont il ne cite pas les noms, l’américain pourra utiliser jusqu’à 20 MHz (10+10 MHz) dans cette bande, sur leurs zones de licence.
AST SpaceMobile prévoit aussi d’investir dans quatre stations au sol au Brésil, qui relieront ses satellites BlueBird aux réseaux des opérateurs. L’entreprise, qui a déjà mené des essais avec Telus au Canada, ne donne pas de date de lancement commercial : la disponibilité du service dépendra du déploiement des satellites et des infrastructures, des autorisations et des accords commerciaux, précise-t-elle.



Tech


AST SpaceMobile promet son service satellite vers smartphone fin 2026




