Que cherche SpaceX avec ces 80 000 sites ?
SpaceX discute avec des gestionnaires d’infrastructures cellulaires pour obtenir l’accès à au moins 80 000 sites aux États-Unis, a rapporté jeudi Bloomberg News, citant des sources proches du dossier. L’information, reprise par l’agence Reuters et par le site spécialisé Mobile World Live, n’a pas été confirmée par l’entreprise. Selon Bloomberg, ces accords permettraient à SpaceX de consolider son projet de quatrième opérateur mobile national, aux côtés d’AT&T, Verizon et T-Mobile.
D’après les sources de Bloomberg, SpaceX est notamment en discussion avec Crown Castle, l’un des principaux propriétaires de pylônes du pays avec American Tower et Vertical Bridge. Interrogé mercredi, lors de la présentation de ses résultats trimestriels, sur d’éventuels contrats avec SpaceX, Amazon ou d’autres opérateurs satellitaires, le directeur général de Crown Castle, Chris Hillabrant, a refusé d’entrer dans le détail de ses clients : « Vous pouvez supposer que nous parlons avec toutes les parties. » Selon Reuters, Crown Castle, American Tower, Vertical Bridge et SpaceX n’ont pas répondu à ses sollicitations.
Quelles briques SpaceX a-t-il déjà réunies ?
Le projet s’appuie sur plusieurs acquisitions récentes. Dans un billet publié le 8 octobre, SpaceX a annoncé un accord pour acquérir un portefeuille national de licences de fréquences basses, jusqu’à 14 MHz de spectre apparié dans la bande des 800 MHz. L’entreprise y explique que ces fréquences doivent fournir une couche de couverture capable de traverser les murs et de desservir les clients à l’intérieur des bâtiments, en complément de son spectre 2 GHz. Elle précise attendre l’approbation finale de la Commission fédérale des communications (FCC).
La FCC a par ailleurs autorisé la constellation de deuxième génération de Starlink Mobile : 15 000 satellites optimisés pour la bande des 2 GHz, qui offriront selon SpaceX plus de 100 fois la bande passante de la génération actuelle. D’après l’ordonnance de la FCC citée par Inside Towers, la moitié de la constellation devra être en service au plus tard le 7 octobre 2032, et la totalité le 7 octobre 2035. Les fréquences 2 GHz proviennent de l’opérateur EchoStar, auquel SpaceX les a rachetées pour 17 milliards de dollars l’an dernier, rappelle The Verge.
Quel coût pour un quatrième réseau national ?
Pour SpaceX, l’enjeu est de combiner satellites et réseau au sol. « Nous allons construire nos réseaux terrestres afin d’offrir une connectivité étendue partout où SpaceX et Starlink sont autorisés à opérer », a déclaré Elon Musk lors de la conférence de résultats de l’entreprise cette semaine, selon Bloomberg. Il estime que les lancements de satellites et les achats de spectre « ouvriront la voie » pour faire de Starlink Mobile « un opérateur mobile majeur » aux États-Unis, une formule que l’on retrouve dans le billet de SpaceX.
L’ampleur de la tâche reste considérable. Selon Reuters, le cabinet TD Cowen estime qu’un réseau terrestre national coûterait plus de 80 milliards de dollars et prendrait de nombreuses années. Les 80 000 sites visés représenteraient la moitié des 158 500 pylônes dédiés en service aux États-Unis l’an dernier, d’après la Wireless Infrastructure Association citée par Reuters. Crown Castle exploite environ 40 000 pylônes dans le pays, American Tower environ 42 000 sites et Vertical Bridge quelque 18 000.
Les marchés ont réagi immédiatement : les actions d’AT&T, Verizon et T-Mobile ont reculé de 4,2 % à 5 % dans les échanges après la clôture, selon Reuters. SpaceX n’a pas communiqué de calendrier pour le lancement commercial de son réseau mobile terrestre.



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