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Meta contraint d’ouvrir WhatsApp aux IA concurrentes en Italie


Meta a été contrainte par l’autorité italienne de la concurrence d’ouvrir WhatsApp aux assistants d’IA concurrents de Meta AI, à titre provisoire.



Meta vient de subir un premier revers réglementaire majeur en Europe concernant l’intégration de son assistant Meta AI dans WhatsApp. Sous l’impulsion de l’autorité italienne de la concurrence, le groupe de Mark Zuckerberg a été contraint d’autoriser, à titre provisoire, l’accès de chatbots concurrents à la plateforme de messagerie. Une décision lourde de sens, même si son application reste pour l’instant strictement limitée à l’Italie.

Le 24 décembre dernier, l’Autorità Garante della Concorrenza e del Mercato (AGCM) a ordonné à Meta de suspendre toute clause excluant les services d’IA concurrents de WhatsApp. Cette mesure conservatoire s’inscrit dans le cadre d’une enquête ouverte en juillet, portant sur un possible abus de position dominante.

L’AGCM reproche à Meta d’avoir préinstallé par défaut son assistant Meta AI sur WhatsApp, tout en bloquant l’accès aux solutions concurrentes. Selon le régulateur, ce comportement pourrait freiner l’innovation et restreindre l’accès au marché des chatbots d’IA, au détriment des consommateurs.

Moins d’un mois après cette décision, Meta a confirmé qu’elle se conformerait à l’injonction, mais exclusivement pour les numéros de téléphone italiens. D’après une note interne révélée par Reuters, les nouvelles conditions d’utilisation de WhatsApp, prévues pour entrer en vigueur le 15 janvier, ne s’appliqueront pas en Italie.

Concrètement, cela signifie que les développeurs et fournisseurs d’IA tiers pourront proposer leurs services sur WhatsApp dans ce pays, une ouverture que Meta refuse pour l’instant d’étendre au reste de l’Europe.

Cette application territoriale restreinte suscite de vives critiques. Des acteurs du secteur, comme Interaction Company (éditeur de l’assistant Poke.com), estiment que Meta aurait dû suspendre sa politique à l’échelle mondiale. Selon ses dirigeants, la Commission européenne devrait suivre l’exemple italien et imposer des mesures provisoires similaires dans l’ensemble de l’Union.

L’affaire dépasse largement le cadre italien. Depuis plusieurs mois, Meta AI est dans le viseur des autorités européennes, qui soupçonnent le groupe d’avoir profité de sa position dominante dans la messagerie pour favoriser son propre assistant d’IA sur Facebook, Instagram, Messenger et WhatsApp.

L’AGCM a d’ailleurs précisé qu’elle coordonnait ses actions avec la Commission européenne, afin de traiter ce dossier de la manière « la plus efficace possible ». L’objectif : garantir un accès équitable à WhatsApp pour les acteurs de l’IA conversationnelle pendant toute la durée de l’enquête.

Interrogé par Reuters, Meta a qualifié la mesure italienne de « fondamentalement erronée », affirmant que ses infrastructures n’étaient pas conçues pour accueillir des chatbots concurrents. Un argument qui peine toutefois à convaincre les régulateurs.

Cette affaire pourrait bien marquer un tournant dans la régulation des assistants d’IA intégrés aux grandes plateformes numériques. Si l’Italie ouvre la voie, le reste de l’Europe pourrait suivre, contraignant Meta à revoir en profondeur sa stratégie autour de Meta AI et de WhatsApp.
 



Tags : IA, Italie, Meta, WhatsApp
Mardi 13 Janvier 2026


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