Image conceptuelle du projet de communications souveraines par satellite Nokia et ICEYE (pas un satellite en orbite). Crédit : ICEYE
À Helsinki, ce vendredi 2 octobre, le créneau est bref. De 16 h 15 à 16 h 45, heure locale (15 h 15 à 15 h 45 à Paris), Justin Hotard et Rafał Modrzewski s’expriment au Helsinki Security Forum, entre l’ouverture et un débat sur les drones. La session, en coopération avec Nokia et ICEYE, s’intitule « How to Salvage Europe’s Technological Sovereignty ». Kirsi Heikel, cheffe du bureau de Bloomberg News à Helsinki, modère. La veille, les deux groupes n’ont pas allumé un réseau : ils ont décrit des communications que la nation cliente posséderait.
Ce que l’État tiendrait dans sa main
Le communiqué du 1er octobre décrit des liaisons haut débit, sécurisées et souveraines, en orbite basse, à double usage. Défense, sécurité des frontières, secours et catastrophes sont les missions citées. La technologie est dite européenne et de confiance. L’État ne prendrait pas un abonnement : il détiendrait satellites, segment sol et terminaux durcis, et il les exploiterait. Rafał Modrzewski, cofondateur et directeur général d’ICEYE, pose la condition : maîtriser ses communications sans dépendre des conditions d’utilisation d’un opérateur commercial étranger.
Les premiers satellites de communication sont attendus en 2028. Les communiqués visent une année, pas un jour de tir, et ne citent aucun lanceur. Sur la page du projet, ICEYE parle d’un concept élaboré avec les nations qui s’en serviraient, pas d’une constellation en service.
Seul, avec des alliés, ou hébergé
Cette page distingue trois modèles. Une constellation nationale dédiée. Une constellation de coalition pour des partenaires alliés. Un service souverain hébergé, pour aller plus vite. Le contrôle national resterait entier dans les trois cas. Les données ne passeraient que par une infrastructure approuvée, nationale, ou alliée si l’État le décide.
Le communiqué place le système en appoint. Connectivité ciblée, haut débit, faible latence, au-dessus des zones de mission prioritaires. Il compléterait les réseaux militaires et commerciaux, en ajoutant portée, résilience et capacité. ICEYE écrit aussi qu’il est conçu pour fonctionner aux côtés des communications gouvernementales par satellite, « telles qu’IRIS² », et des réseaux terrestres. Ni le débit, ni la latence, ni la taille de la flotte, ni le prix ne sont chiffrés. Aucun pays client n’est nommé.
Le radar est là, pas encore le lien
Si les réseaux terrestres sont coupés ou compromis, forces, secours et autorités civiles peuvent perdre informations et chaînes de commandement. Justin Hotard, président-directeur général de Nokia, rattache cela à l’« IA physique » : sentir, décider et agir en temps réel exigerait une connectivité sûre sur terre, en mer, dans les airs et dans l’espace, y compris en zone contestée. Aucun équipement Nokia n’est nommé.
ICEYE fournit déjà à des États leurs propres satellites, pour observer plutôt que pour relier. Société européenne fondée en Finlande, elle dit employer plus de 1 000 personnes et affirme détenir la plus grande et la plus avancée des constellations de satellites radar à synthèse d’ouverture. Ces radars ne relaient pas le haut débit. Modrzewski rappelle avoir livré à la Pologne son système radar en moins d’un an. Avec Nokia, dit-il, les communications iraient à une vitesse comparable. L’annonce ne donne ni le nombre d’appareils, ni le montant, ni la date. L’échéance publiée reste 2028.
Sur cette page, ICEYE apporte la plateforme, les opérations de constellation et le segment sol. Nokia apporte les communications, les réseaux sécurisés et l’orchestration. Le terminal est « durci » dans le communiqué et « compact » sur cette page. ICEYE y évoque une protection contre le brouillage et des liaisons montantes plus difficiles à détecter ou à localiser, sans mesure publiée.
ICEYE présente l’échange de ce vendredi comme un direct et renvoie à la page du forum. Le communiqué de Nokia, mis en ligne le 1er octobre à 8 h 57 (heure d’Amsterdam), annonce la scène sans parler de direct.



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