Ce que SpaceX a annoncé
Starlink Mobile vise à connecter les smartphones là où les réseaux terrestres ne passent pas. © Starlink
Le 8 octobre, Grain Management, société d’investissement américaine, a annoncé un accord définitif : SpaceX rachète 100 % de son portefeuille national de licences 800 MHz. Selon SpaceX, il s’agit de jusqu’à 14 MHz de spectre apparié, soit la largeur de bande achetée, et non la fréquence elle-même (800 MHz). La vente est soumise à l’approbation de la FCC, le régulateur américain, et à des conditions de clôture habituelles. Les termes financiers n’ont pas été communiqués.
Elon Musk a qualifié ces fréquences de « dernière pièce critique » du puzzle pour offrir une couverture téléphonique complète aux États-Unis. Il s’agit d’une affirmation de dirigeant, pas d’un fait établi : aucun service n’est autorisé sur cette bande tant que le transfert n’est pas validé.
Elon Musk a qualifié ces fréquences de « dernière pièce critique » du puzzle pour offrir une couverture téléphonique complète aux États-Unis. Il s’agit d’une affirmation de dirigeant, pas d’un fait établi : aucun service n’est autorisé sur cette bande tant que le transfert n’est pas validé.
Pourquoi les basses fréquences comptent pour un smartphone
Les basses fréquences traversent mieux les murs que les bandes moyennes. SpaceX l’explique ainsi : sa bande 2 GHz fournira la capacité, tandis que le 800 MHz servira de « couche de couverture » pour atteindre les appareils à l’intérieur des bâtiments. Les liaisons satellite-téléphone souffrent justement de ces obstacles, d’où l’intérêt d’une fréquence plus basse.
SpaceX affirme aussi que la plupart des téléphones actuels prennent déjà en charge cette bande, sous-utilisée. L’entreprise n’a pas publié de liste de modèles, et cette compatibilité n’a pas été vérifiée appareil par appareil. SpaceX parle d’un service pour des appareils non modifiés.
SpaceX affirme aussi que la plupart des téléphones actuels prennent déjà en charge cette bande, sous-utilisée. L’entreprise n’a pas publié de liste de modèles, et cette compatibilité n’a pas été vérifiée appareil par appareil. SpaceX parle d’un service pour des appareils non modifiés.
D’où viennent ces fréquences
Ces licences appartenaient à T-Mobile US. La FCC a approuvé le 1er juillet 2026 leur cession à Grain, en échange de 2,9 milliards de dollars et de licences 600 MHz de Grain, selon la décision DA 26-653. Mobile World Live et Grain indiquent que l’opération s’est conclue en août. Les licences couvrent environ 100 % de la population américaine, d’après la FCC, mais selon les zones leur largeur de bande varie de 4,85 à 14 MHz.
Dans cette décision, la FCC avait demandé à Grain de lancer une sélection transparente de partenaires direct-to-device, à terminer au plus tard le 5 novembre 2026, avec des obligations de déploiement propres à ce type de service. Grain présente l’accord avec SpaceX comme conforme à ces objectifs. Au 9 octobre, nous n’avons trouvé aucune décision de la FCC sur ce nouveau transfert.
Dans cette décision, la FCC avait demandé à Grain de lancer une sélection transparente de partenaires direct-to-device, à terminer au plus tard le 5 novembre 2026, avec des obligations de déploiement propres à ce type de service. Grain présente l’accord avec SpaceX comme conforme à ces objectifs. Au 9 octobre, nous n’avons trouvé aucune décision de la FCC sur ce nouveau transfert.
Une architecture hybride, encore à construire
SpaceX prévoit d’associer sa constellation de satellites à un réseau terrestre, une fois l’autorisation obtenue. Mobile World Live rapporte que la société compte s’appuyer sur des femtocellules, de petites antennes au sol, pour fournir de la 5G, et que de nombreux dirigeants du secteur jugent ce plan peu réaliste. Cette réserve est celle du média, pas celle d’un opérateur identifié.
Le calendrier de la partie spatiale est plus clair. Le 6 octobre, la FCC a autorisé 15 000 satellites de seconde génération pour Starlink Mobile, optimisés pour la bande 2 GHz acquise auprès d’EchoStar. Une partie de ces fréquences ne sera pleinement utilisable qu’après la clôture de la cession d’EchoStar, ce que nous détaillons dans notre article du 7 octobre.
Le calendrier de la partie spatiale est plus clair. Le 6 octobre, la FCC a autorisé 15 000 satellites de seconde génération pour Starlink Mobile, optimisés pour la bande 2 GHz acquise auprès d’EchoStar. Une partie de ces fréquences ne sera pleinement utilisable qu’après la clôture de la cession d’EchoStar, ce que nous détaillons dans notre article du 7 octobre.
Opérateurs et utilisateurs : quelles conséquences ?
Après l’annonce, les actions d’AT&T, Verizon et T-Mobile ont reculé d’environ 7 à 8 % en séance prolongée, selon MarketWatch. Cette réaction des marchés ne dit rien du calendrier réel du projet : SpaceX n’a communiqué aucune date de lancement ni offre tarifaire.
Pour un utilisateur américain, l’enjeu serait de recevoir le signal de Starlink Mobile chez soi, si le projet aboutit. En France, rien n’a été annoncé : ces licences sont américaines et ne donnent aucun droit d’usage en Europe. Aucun opérateur français ne figure dans la liste des partenaires de Starlink Mobile, d’après la page du service.
Pour un utilisateur américain, l’enjeu serait de recevoir le signal de Starlink Mobile chez soi, si le projet aboutit. En France, rien n’a été annoncé : ces licences sont américaines et ne donnent aucun droit d’usage en Europe. Aucun opérateur français ne figure dans la liste des partenaires de Starlink Mobile, d’après la page du service.



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