Okta a publié son Customer Identity Trends Report 2026, sous-titré « Identity is the new revenue growth engine ». Selon ce rapport commandité par Okta, près de 60 % des organisations ont déjà introduit au moins un agent capable d'agir pour un utilisateur ou d'appeler des API, ou sont en train de le faire. Le document indique aussi que 80 % des initiatives de transformation IA sont en retard sur le calendrier prévu.
Le rapport s'appuie sur deux enquêtes menées en juillet et août 2026 : un sondage Statista auprès de 5 250 consommateurs dans sept pays (États-Unis, Canada, Royaume-Uni, Allemagne, Japon, Australie et Nouvelle-Zélande), et une enquête Rep Data auprès de 556 développeurs et 354 dirigeants seniors, surtout dans la santé, la finance, le retail et les télécoms.
Pourquoi les projets d'agents IA accusent-ils du retard ?
D'après Okta, 52 % des dirigeants seniors jugent l'IA une capacité « must-win » pour concurrencer et croître sur deux à trois ans. Pratiquement tous les développeurs et dirigeants interrogés (96 %) disent que leur organisation compte intégrer l'IA dans les parcours clients, et 75,2 % ont déjà ces fonctions en production ou les construisent. Pourtant, seuls 20,3 % déclarent avancer au rythme cible. Sur les causes du retard, 59 % des dirigeants citent d'abord la conformité, la revue de sécurité ou la gouvernance, contre 34,6 % des développeurs. Ces derniers sont près de deux fois plus nombreux à incriminer une infrastructure d'identité « incapable de soutenir les schémas d'accès des agents » (17,8 % contre 9 %).
Que veulent vraiment les consommateurs face aux agents ?
Du côté de la demande, seuls 38 % des consommateurs se disent prêts à déléguer des décisions à des agents d'IA, surtout dans des scénarios à faible risque. Seuls 6 % souhaitent une autonomie complète. Okta affirme toutefois que le contrôle comble une partie de cet écart de confiance : pour des cas d'usage aux conséquences limitées, la majorité accepte qu'un outil d'IA agisse en leur nom dès lors qu'ils approuvent l'action ou peuvent l'annuler. Ces résultats rejoignent le débat sur le remplacement possible des applications par des agents.
Comment l'identité client accélère-t-elle (ou freine-t-elle) l'IA ?
Le rapport lie ambitions agentiques et plateforme d'identité client (CIAM). Les organisations qui s'appuient uniquement sur une plateforme CIAM externe sont, selon Okta, plus souvent dans les temps (28,3 % contre 18,1 %) et plus souvent déjà en production sur des fonctions IA ou agentiques (34,4 % contre 22,3 %). Ces comparaisons émanent d'Okta, fournisseur CIAM via Auth0 ; elles doivent être lues comme des corrélations d'une étude commanditée, non comme une preuve d'efficacité indépendante. Le sujet croise aussi les alertes produit déjà évoquées autour de l'ouverture de Siri AI aux applications.
Quelles pratiques d'identité agentique restent risquées ?
Okta décrit comme approche la plus sûre l'attribution à chaque agent d'une identité unique, avec des identifiants étroitement limités dans le temps et le périmètre. Or, parmi les organisations qui construisent déjà des capacités IA ou agentiques, seuls 22,4 % des répondants déclarent procéder ainsi. Les autres s'appuient encore, selon le rapport, sur des comptes de service partagés ou des clés API longue durée (17,4 %), l'héritage du jeton utilisateur (11,5 %), voire des identifiants codés en dur (6,4 %). Dans un article de présentation, Gareth Davies (Auth0 / Okta) insiste sur le même écart entre ambition commerciale et freins d'identité. Les pourcentages repris ici correspondent aux agrégats globaux du document source.



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