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Starlink en Ukraine : la crise relance la demande pour des alternatives


Le bras de fer entre Elon Musk et l’Ukraine autour de Starshield accélère la demande pour des alternatives à Starlink, selon la chaîne américaine CNBC. Amazon Leo, Eutelsat OneWeb et IRIS² restent toutefois loin de pouvoir rivaliser avec la constellation de SpaceX.



Pourquoi l’Ukraine cherche-t-elle d’autres réseaux ?

Les satellites Amazon Leo, présentés selon le lanceur utilisé pour les mettre en orbite. © Amazon
Les satellites Amazon Leo, présentés selon le lanceur utilisé pour les mettre en orbite. © Amazon
Après la limitation de vitesse imposée aux terminaux Starshield utilisés par l’armée ukrainienne, la crise entre Kyiv et Elon Musk relance la question de la dépendance à un fournisseur unique. Selon CNBC, l’épisode a « accéléré la demande » pour des services d’internet par satellite alternatifs, même si aucun n’est aujourd’hui comparable à Starlink et à sa déclinaison militaire Starshield.

D’après CNBC, les restrictions ont coupé la connectivité des drones et autres aéronefs ukrainiens dépassant environ 160 km/h. Un commandant ukrainien cité par la chaîne affirme qu’elles ont coûté plus d’un million de dollars à son unité et retardé ses missions de trois jours. Selon des informations de presse américaines reprises par CNBC, Elon Musk aurait personnellement ordonné ces changements après en avoir discuté avec Donald Trump, qui a assuré mercredi ne pas avoir été « impliqué ».

Aux États-Unis, l’affaire a pris une tournure politique. Un groupe bipartisan d’élus réclame une enquête, rapporte CNBC. Le sénateur républicain du Texas John Cornyn a jugé sur la chaîne « franchement honteuses » les tentatives de brider Starlink en Ukraine. Robert Weissman, coprésident de l’ONG Public Citizen, y voit un « danger extrême » et estime qu’aucune personne ne devrait pouvoir couper les communications d’un pays dans un contexte de sécurité nationale. SpaceX n’a pas répondu aux sollicitations de CNBC.

Quelles alternatives existent face à Starlink ?

Les solutions de rechange restent limitées. Selon CNBC, Amazon Leo, la constellation en orbite basse d’Amazon, ne compte que 390 satellites en orbite après sept ans de développement et n’est pas encore pleinement opérationnelle. SpaceX dispose de son côté de plus de 11 000 satellites Starlink en orbite, d’après le suivi de l’astronome Jonathan McDowell, et d’un service actif dans 174 pays, selon sa directrice des opérations Gwynne Shotwell. Blue Origin vise le quatrième trimestre 2027 pour lancer les premiers satellites de son service TeraWave.

Le français Eutelsat, qui exploite la constellation OneWeb, compte plus de 600 satellites en orbite, indique CNBC, et son action a bondi de 23 % le 14 octobre, lorsque les restrictions imposées en Ukraine ont été connues. Le groupe a commandé 229 nouveaux satellites pour OneWeb. Il cherche aussi à prolonger sa flotte géostationnaire : selon SpaceNews, Eutelsat a signé le 20 octobre un accord avec le luxembourgeois ClearSpace pour étudier une mission capable d’allonger jusqu’à dix ans la vie d’un de ses satellites vieillissants.

L’Europe peut-elle rattraper son retard ?

L’Union européenne construit sa propre constellation souveraine, IRIS², qui doit compter plusieurs centaines de satellites, mais dont les premiers lancements ne sont pas attendus avant 2029, rappelle CNBC. Pour Christian Freiherr von der Ropp, consultant indépendant cité par la chaîne, la plupart de ces projets ne devraient pas « s’approcher » de Starlink en capacité, en couverture, en résilience ou en coût. Il juge en outre les terminaux d’Eutelsat peu adaptés au champ de bataille, en raison de leur coût, de leur taille, de leur poids et de leur consommation.

Le consultant souligne aussi que SpaceX réduit les vols commerciaux de sa fusée Falcon 9, dont dépendent de nombreux concurrents, ce qui pourrait entraîner « des retards importants » et des coûts de lancement plus élevés. Selon lui, la méfiance suscitée par l’influence de SpaceX « accélère la demande d’alternatives ». CNBC rappelle que l’attitude d’Elon Musk envers l’Ukraine a pesé dans la décision du Canada de rompre avec Starlink. Volodymyr Zelensky a indiqué mercredi sur X avoir rencontré des responsables norvégiens et le groupe de défense Kongsberg pour lancer des travaux sur de nouvelles capacités de communication par satellite, selon CNBC.

Pigiste pour EcranMobile.fr En savoir plus sur cet auteur


Vendredi 23 Octobre 2026

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