EcranMobile.fr, le magazine des professionnels du mobile

Starlink chez T-Mobile : moins de zones blanches, mais loin du réseau mobile


Selon Ookla, le service satellite Starlink de T-Mobile a divisé par quatre les tests sans signal. Mais SMS et données restent nettement moins fiables qu’en 4G.



Visuel de l’étude Ookla sur le D2D de Starlink aux États-Unis. Crédit : Ookla
Visuel de l’étude Ookla sur le D2D de Starlink aux États-Unis. Crédit : Ookla
Le satellite comble des trous, sans rivaliser avec les antennes. C’est la conclusion d’une étude publiée le 3 novembre 2026 par Ookla, signée de son analyste Mike Dano, sur les performances du service direct-to-device (D2D) de Starlink aux États-Unis. Le média spécialisé Telecom Reseller en a repris les principaux résultats le même jour. Le D2D permet à un smartphone compatible de se connecter directement à un satellite lorsqu’aucune antenne terrestre n’est disponible ; T-Mobile le commercialise avec Starlink depuis 2025.

L’étude s’appuie sur deux types de données : les tests contrôlés de RootMetrics, filiale d’Ookla, menés en voiture le long d’itinéraires nationaux, et les mesures participatives collectées en arrière-plan par l’application Speedtest. Ookla rappelle que Starlink propose le D2D dans une vingtaine de pays et revendique environ 22 millions d’utilisateurs mobiles mensuels, un réseau dont la FCC a récemment autorisé l’extension à 15 000 satellites pour Starlink Mobile.

Le satellite réduit-il vraiment les zones blanches ?

Sur ce point, la réponse d’Ookla est positive. Selon l’étude d’Ookla la part des tests T-Mobile sans aucun signal sur les itinéraires nationaux de RootMetrics est passée de 2,01 % au second semestre 2024 à 0,50 % au second semestre 2026. Ces parcours couvrent surtout de petites villes et les routes qui les relient.

Sans surprise, l’usage du satellite se concentre dans l’Ouest, peu couvert : plus de 11 % des tests T-Mobile au Nevada sont passés par le satellite, devant la Californie (5,3 %) et l’Oregon (5 %), d’après Ookla. Le D2D ne représente toutefois qu’environ 2 % de l’ensemble des tests RootMetrics.

Quelles performances pour les SMS et les données ?

C’est là que l’écart avec le réseau terrestre apparaît. Lors des tests du second semestre 2026, les SMS envoyés via le D2D de Starlink ont été distribués dans 86 % des cas, contre 98,1 % sur un réseau cellulaire terrestre représentatif emprunté sur le même parcours. Le délai médian de réception atteint 16,6 secondes par satellite, contre 1,3 seconde sur le réseau terrestre, selon Ookla.

Les tests de données légères, qui mesurent le téléchargement d’un petit fichier, donnent des résultats comparables : 60 % de réussite complète en D2D contre 93 % sur le réseau terrestre, et 922 millisecondes en médiane pour finir le téléchargement par satellite, contre 156 millisecondes au sol. Le signal satellite est aussi plus faible : -120 dBm en médiane, contre -105 dBm pour la 4G terrestre, dans les données participatives.

Ookla apporte une réserve importante : ces tests ont été réalisés dans des voitures en mouvement, et non dans les conditions recommandées pour le D2D, à l’extérieur et à l’arrêt. Telecom Reseller souligne que ces résultats ne mesurent donc pas l’ensemble des performances du service en usage normal.

Qui utilise le D2D, et quand ?

Les États-Unis sont devenus le premier marché du D2D en volume : ils représentaient environ 41 % de l’usage mesuré par Ookla en septembre 2026, en raison du grand nombre de smartphones compatibles. Rapporté au parc, l’usage reste plus fréquent ailleurs : un jour type de septembre, environ 26 téléphones sur 10 000 se sont connectés à un satellite en Nouvelle-Zélande, contre environ 11 aux États-Unis.

Des tendances saisonnières apparaissent aussi. Aux États-Unis, l’usage du D2D a été 29 % plus élevé cet été qu’en hiver, avec des pics le week-end et en altitude, par exemple dans les montagnes Rocheuses. La Californie a concentré en moyenne 10 % de l’usage américain sur un an, devant le Kentucky (7 %), selon l’étude.

Pour les opérateurs, le message est donc double : le satellite étend utilement la couverture là où le réseau terrestre manque, mais il n’offre pas encore la fiabilité ni la réactivité d’une connexion mobile classique.

Pigiste pour EcranMobile.fr En savoir plus sur cet auteur


Mercredi 4 Novembre 2026

Tech | Espace | IA | Entretiens | Usages | Business | Revue de web



Recherche Archives




Inscription à la newsletter
Vous recevrez 2 fois par mois la newsletter Ecran Mobile
Plus d'informations sur cette page : https://www.ecranmobile.fr/Politique-de-confidentialite_a70769.html