EcranMobile.fr, le magazine des professionnels du mobile

AT&T et AST : bascule sans coupure du mobile vers le satellite


AT&T et AST SpaceMobile annoncent le premier handoff sans coupure entre réseau terrestre et satellite. Le test a eu lieu près de Granite Falls le 21 octobre.



Satellite en orbite (illustration libre de droits). Crédit : Unsplash.
Satellite en orbite (illustration libre de droits). Crédit : Unsplash.
Jusqu’ici, le satellite vers smartphone servait surtout de secours : hors couverture terrestre, le téléphone bascule, parfois au prix d’un appel coupé. Dans un communiqué du 2 novembre, AT&T et AST SpaceMobile affirment avoir réalisé « le premier transfert réussi » d’une connexion entre un réseau cellulaire au sol et un réseau satellitaire en liaison directe avec le smartphone. Ericsson et Nokia ont fourni les briques radio et mobilité qui rendent ce relais possible.

Où et quand le test a-t-il eu lieu ?

Selon AT&T, l’essai s’est déroulé le mercredi 21 octobre 2026 à 8 h 15, heure du Pacifique, près de Granite Falls (État de Washington). Une connexion active est passée du réseau terrestre d’AT&T aux satellites BlueBird d’AST SpaceMobile sans interruption, sur un smartphone du commerce. Ce jalon s’ajoute aux appels vocaux, SMS et appels vidéo déjà réalisés via la constellation d’AST.

La différence est technique autant que commerciale. Passer un appel par satellite hors antenne est une chose ; maintenir une session ouverte quand l’abonné quitte la couverture terrestre en est une autre. C’est le « handover », banal entre deux cellules 4G ou 5G, mais plus délicat entre une station au sol et un satellite en orbite basse.

Qui fait quoi entre AT&T, AST, Ericsson et Nokia ?

AT&T décrit le partage ainsi : Ericsson fournit la radio et le cœur de réseau côté sol, avec une automatisation censée ramener les temps de bascule « de quelques secondes à quelques millisecondes » ; Nokia fournit l’accès radio et le logiciel de mobilité du réseau spatial d’AST, pour assurer la continuité de service. AST met en avant ses BlueBird, présentés comme dotés des plus grandes antennes de communication jamais déployées en orbite basse.

Pour l’abonné, l’objectif affiché est que « votre téléphone reste simplement connecté ». AT&T insiste sur le contraste avec d’autres offres où le passage terre-satellite peut encore couper l’appel. L’opérateur revendique plus de 100 millions de foyers et près de 2,5 millions d’entreprises clientes aux États-Unis.

Où en est le service commercial ?

Robert Walters, SVP Network d’AT&T, parle d’une « étape importante, pas la ligne d’arrivée », avant des services bêta puis une offre commerciale, sans date chiffrée. Le sujet croise nos dossiers sur la promesse de service d’AST fin 2026 et sur l’autorisation FCC de Starlink Mobile : la concurrence du direct-to-device s’accélère, mais les calendriers commerciaux restent distincts.

AT&T présente le satellite comme un complément de son réseau dans les zones isolées, pas comme un substitut. Wayne Thorsen, directeur commercial d’AST, évoque aussi une couche de résilience pour les secours. Aucun tarif grand public ni couverture nationale n’est annoncé dans le communiqué du 2 novembre.

Que faut-il retenir pour l’instant ?

Le fait établi par AT&T et AST est un handoff terre-satellite réussi en conditions de test le 21 octobre, avec un téléphone standard. Les délais « millisecondes », la taille des antennes BlueBird et les volumes de clients AT&T sont ceux de l’annonce : ils restent à confronter à un déploiement bêta et à une offre commerciale encore non datée.

Le handoff terre-espace reste rare dans les démonstrations publiques : la plupart des essais direct-to-device se limitaient jusqu’ici à établir une session entièrement satellitaire. En réussissant une bascule depuis une cellule AT&T active, les partenaires cherchent à prouver qu’un abonné peut quitter une zone couverte sans recomposer ni perdre sa session de données. C’est ce scénario, plus que l’appel satellitaire isolé, qui conditionne l’usage grand public en mobilité.

Reste que le communiqué ne précise ni la durée de la session testée, ni le débit maintenu pendant la bascule, ni le nombre de satellites BlueBird en visibilité. Ces paramètres techniques seront déterminants pour juger si le « quelques millisecondes » annoncé par Ericsson côté marketing se retrouve en conditions réelles de bêta.

Pigiste pour EcranMobile.fr En savoir plus sur cet auteur


Mardi 3 Novembre 2026

Tech | Espace | IA | Entretiens | Usages | Business | Revue de web



Recherche Archives




Inscription à la newsletter
Vous recevrez 2 fois par mois la newsletter Ecran Mobile
Plus d'informations sur cette page : https://www.ecranmobile.fr/Politique-de-confidentialite_a70769.html