EcranMobile.fr, le magazine des professionnels du mobile

Quand l’assistant IA devient l’interface des applications mobiles


Pour le designer Mathieu Poli, les assistants IA deviennent l’interface des applications mobiles. Google, Apple et OpenAI leur ouvrent déjà les applications.



Google veut que les agents comme Gemini agissent directement dans les applications Android. © Google
Google veut que les agents comme Gemini agissent directement dans les applications Android. © Google
Et si une partie des usages d’une application mobile se passait de ses écrans ? C’est la thèse défendue par Mathieu Poli, responsable de l’ingénierie front-end chez GoodBarber, un éditeur de solutions de création d’applications, dans un billet publié le 5 octobre 2026 sur Medium et intitulé « When the assistant becomes the interface ». Il s’appuie sur des annonces bien réelles. Le 12 mai 2026, lors de The Android Show, Matthew McCullough, vice-président chargé de la gestion produit pour les développeurs Android, a présenté Gemini Intelligence, qui permet à Gemini d’automatiser des tâches dans une sélection d’applications au nom de l’utilisateur. Google indiquait alors que son interface AppFunctions avait déjà permis l’exécution locale de cas d’usage de 25 applications, chez plusieurs fabricants de terminaux.

Que font déjà les assistants dans les applications ?

Selon la documentation de Google, AppFunctions permet à une application Android de se comporter comme un serveur MCP local : elle expose des fonctions que des agents comme Gemini peuvent découvrir puis exécuter. Google présente ces fonctions comme « l’équivalent mobile des outils » du Model Context Protocol, le protocole qui relie les agents à des services extérieurs. Le dispositif fonctionne à partir d’Android 16, et son intégration avec Gemini reste, selon Google, en préversion privée réservée à des testeurs de confiance. Ecran Mobile avait déjà présenté l’arrivée de Gemini agent sur mobile, l’agent de Google capable d’exécuter des objectifs.

Mathieu Poli cite aussi Apple, qui confie le même rôle aux actions que les applications déclarent à Siri, et OpenAI, dont les applications fonctionnent dans ChatGPT depuis 2025. Il reconnaît que tout cela reste précoce : au moment de la rédaction, en septembre, la nouvelle version de Siri était en bêta et pas encore disponible sur les iPhone dans l’Union européenne, tandis que l’intégration Android était en préversion. Il précise ne faire aucune prévision.

Que reste-t-il à concevoir pour les designers ?

Pour l’auteur, si l’application devient un outil de l’assistant, le premier choix porte sur la liste des actions exposées. Il rappelle que les recommandations d’Apple sur les App Shortcuts invitent à proposer des raccourcis pour les tâches les plus courantes et importantes, dans la limite de dix par application. Chez GoodBarber, explique-t-il, l’équipe passe en revue chaque fonctionnalité des applications en se demandant comment un utilisateur pourrait la déclencher avec des mots.

Les noms, descriptions et paramètres de ces actions trouvent ainsi un nouveau lecteur : le modèle de langage, qui choisit uniquement sur la base des mots. Le résultat d’une action n’est plus présenté tel quel, mais reformulé par l’intermédiaire. L’auteur cite les consignes d’OpenAI pour les applications ChatGPT, qui réservent les cartes à une action ou à une décision unique, comme la confirmation d’une réservation, et prévoient le plein écran pour les tâches plus riches.

Comment encadrer les actions de l’assistant ?

Mathieu Poli souligne qu’une action exposée s’exécute avec le compte de l’utilisateur et tous ses droits. Il renvoie au blog du Model Context Protocol, qui décrit des annotations permettant à un outil de se déclarer en lecture seule ou destructeur, afin de demander une confirmation dans le second cas. Le protocole précise lui-même que ce ne sont que des indications, et qu’un serveur non fiable peut mentir. Dans son équipe, résume l’auteur, ce qui peut être annulé peut s’exécuter, et ce qui ne peut pas l’être attend un humain.

Le designer doit-il changer de métier ?

L’auteur s’appuie sur un article de Nielsen Norman Group signé Sarah Gibbons et Kate Moran en avril 2026, selon lequel l’utilisateur n’est plus forcément un humain. Une application mobile aurait donc deux publics : les personnes qui touchent ses écrans et l’assistant qui s’en sert comme d’un outil. Pour Mathieu Poli, le travail du designer glisse vers le langage et les règles, un travail sans maquette qui risque d’échapper aux revues de design habituelles. Il propose une première étape modeste : relire, designer et développeur côte à côte, la liste des actions déclarées par l’application, avec le même soin qu’un parcours d’écrans.

Pigiste pour EcranMobile.fr En savoir plus sur cet auteur


Lundi 26 Octobre 2026

Tech | Espace | IA | Entretiens | Usages | Business | Revue de web



Recherche Archives




Inscription à la newsletter
Vous recevrez 2 fois par mois la newsletter Ecran Mobile
Plus d'informations sur cette page : https://www.ecranmobile.fr/Politique-de-confidentialite_a70769.html