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Le mobile peut-il remplacer … notre réfrigérateur ?

Rédigé par le Jeudi 13 Janvier 2022

Comme chaque mois, retrouvez la chronique "Mobile Business" diffusée dans l'émission Smart Tech sur BSMART



👩🏻 C’est le retour de notre chronique Mobile Business avec Jerome Bouteiller, fondateur de ECRAN MOBILE, qui se demande cette semaine si le mobile ne va pas remplacer notre frigo. Jérôme, pourquoi ce questionnement ?

🧔🏻 Bonjour Delphine. En quelques années, le mobile a remplacé notre ordinateur, notre téléviseur, notre baladeur voire notre portefeuille et il pourrait demain remplacer partiellement notre réfrigérateur qui trône pourtant fièrement au coeur de nos cuisines depuis un demi de siècle.

Vous avez du entendre parler de Cajou, Getir, Flink, Gorillas ou encore de pionniers tels que Uber Eats, Deliveroo, Just Eat, Foodora ou Frichti. 

Que l’on parle de « food tech » ou de « Quick Commerce », une toute nouvelle génération d’applications est en train de révolutionner notre rapport à l’alimentation, en promettant de nous livrer, en à peine quelques minutes, nos courses ou des plats préparés, réduisant ainsi notre besoin de stocker les produits frais dans nos domiciles.

👩🏻Quelle est leur recette secrète ?

🧔🏻 Toutes ces start-up ont bâti leur modèle sur un triptyque reposant d’une part sur une application pour smartphone, permettant de commander en quelques instants son repas ou son panier de courses.

Le second pilier de ces applications alimentaires, ce sont ce qu’on appelle les « dark stores » ou les « dark Kitchen », des entrepôts  avec quelques centaines de références, ou des cuisines, avec quelques dizaines de plats, et uniquement dédiés à ce marché de la livraison, et qui seront disséminées au coeur des villes, au plus près des consommateurs.

Le troisième pilier, ce sont les livreurs -  souvent plusieurs centaines - capables de récupérer les commandes et de vous les livrer à votre bureau ou à votre domicile, en à peine quelques minutes.

👩🏻 Le Quick Commerce en chiffres ?

🧔🏻 C’est d’abord de grosses levées de fonds avec 100 millions de dollars pour les anglais de Zapp, 290 millions pour les allemands de Gorillas, 750 millions pour les allemands de Flink et plus d’un milliard pour les turcs de Getir. On estime qu’en 2021, les Start-up du Quick Commerce ont levé plus de 15 milliards de dollars dans le monde.

Il faut dire que la pandémie a dopé l’engouement des consommateurs pour ces applications. En France, le marché est passé de 6 milliards d’euros en 2019 à 9 milliards en 2021 selon l’IRI, c’est +50% en 2 ans.

Dans le monde, le chiffre d’affaires de cette «food tech » pourrait représenter plus de 250 milliards de dollars dès 2022

👩🏻 Un commerce décrié ?

🧔🏻 Le statut des livreurs, qui sont au mieux des auto-entrepreneurs, au pire des travailleurs clandestins, qui prennent des risques sur leurs vélos, le plus souvent sans la moindre couverture sociale…

Mais le Quick commerce inquiète également les élus locaux. Emmanuel Grégoire, premier adjoint à la maire de Paris chargé de l'urbanisme, a publié le 18 décembre dernier dans le JDD une tribune intitulée "La faim ne justifie pas les dark stores" dans laquelle il accuse ces applications  de transformer des "commerces de proximité en lieux de stockage de marchandises".

Il y a enfin des doutes des marchés financiers sur la rentabilité de ces applications, qui livrent des repas mais également des pertes colossales à leurs actionnaires, rappelant les déboires de Webvan, un pionnier américain de la livraison alimentaire, disparu lors de la première crise internet dans les années 2000.

👩🏻 Quel avenir pour ces applications ?

🧔🏻 A court terme il faut s’attendre à plus de concurrence entre ces pure Players, mais également avec les acteurs traditionnels de la grande distribution, qui disposent déjà de réseaux particulièrement denses de magasins.

A moyen terme, il y aura de la consolidation, avec des faillites, des rachats, mais également de belles success story pour les entrepreneurs les plus talentueux et les plus chanceux.

ET à long terme, on peut anticiper une transformation de nos usages avec des consommateurs qui pourraient miser sur le smartphone pour se nourrir, ce qui pourrait révolutionner l’organisation de nos cuisines et peut être entrainer la disparition de notre réfrigérateur…

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