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Bouygues Anti-Spam : 2 euros par mois dès le 5 octobre


Le 28 septembre 2026, Bouygues Telecom a annoncé avec Hiya une option Anti-Spam, sans application à installer, destinée à bloquer, au cœur du réseau, des appels frauduleux et du démarchage. Les particuliers la paieront 2 euros par mois et par ligne à partir du 5 octobre, les lignes professionnelles 1 euro à partir du 12 octobre. L’opérateur affirme que près de neuf utilisateurs mobiles sur dix ont reçu un appel frauduleux ou indésirable au cours des trois derniers mois.



Crédit : Bouygues Telecom
Crédit : Bouygues Telecom
Bouygues Telecom ne propose pas, le 28 septembre 2026, une énième application à télécharger pour filtrer les appels. L’opérateur annonce Anti-Spam, développé avec Hiya, société spécialisée dans la sécurité vocale et l’identification des appels. Le filtre est décrit comme une intelligence artificielle placée côté réseau. Rien à configurer sur le téléphone. En revanche, l’option se paie, et pas à la même date selon que la ligne est celle d’un particulier ou celle d’une entreprise.

Deux prix, deux dates, une ligne

Pour les consommateurs, Anti-Spam est annoncé à 2 euros par mois et par ligne, à partir du 5 octobre 2026. Pour les clients professionnels, le tarif annoncé est de 1 euro par mois et par ligne, à partir du 12 octobre 2026. Le mot « par ligne » compte autant que le montant. Une famille ou une petite structure avec plusieurs numéros multiplie l’abonnement, si chaque ligne est équipée. L’annonce ne dit pas qu’une ligne mère couvrirait les autres.

L’écart entre 2 euros et 1 euro n’est pas expliqué. Il ne faut donc pas lui prêter une raison, remise commerciale ou coût technique, que Bouygues n’a pas publiée. Les deux offres partagent la même promesse générale : bloquer des appels frauduleux et indésirables, sans installation. Elles ne partagent ni le prix ni le jour d’ouverture.

L’opérateur présente la fonction comme un moyen de réduire la nuisance du démarchage abusif, de rassurer face aux numéros inconnus et de limiter les tentatives de fraude téléphonique. Pour les entreprises, il ajoute qu’il s’agirait de laisser passer les appels utiles à l’activité, et il vise en particulier les petites structures sans équipe dédiée à ce tri. Ce sont des objectifs affichés. L’annonce du 28 septembre ne fournit pas de taux de blocage, ni d’essai indépendant.

Ce que l’intelligence artificielle regarde

Le dispositif, tel qu’il est décrit, analyse l’appel en temps réel à partir d’une base régulièrement mise à jour et d’algorithmes. L’analyse porte principalement sur le numéro : date de création, volume d’appels, durée des communications. Hiya apporte son métier d’identification. Bouygues apporte le réseau, puisque aucune application n’est demandée au client.

Cette description ne dit pas que le contenu de la conversation est écouté, ni le contraire dans une phrase technique complète. Elle ne dit pas non plus si l’appel est coupé avant la première sonnerie, étiqueté, ou rejeté après une analyse de quelques secondes. « Bloquer » est le verbe de l’annonce. Le parcours exact sur le téléphone n’y est pas détaillé. Un client qui attend une pastille sur l’écran, ou un silence total à la place de la sonnerie, ne peut pas encore trancher avec les seuls éléments du 28 septembre.

L’absence d’application est le point pratique. Pas de mise à jour à surveiller, pas de permission à accorder dans Android ou iOS pour ce service-là. Le filtre suit la ligne, pas le modèle du téléphone. C’est aussi sa limite : qui change d’opérateur perd l’option, et qui possède une ligne ailleurs ne l’obtient pas par contagion.

Le chiffre de l’opérateur, et ce qu’il ne prouve pas

Bouygues affirme que près de neuf utilisateurs de téléphone mobile sur dix ont reçu un appel frauduleux ou indésirable au cours des trois derniers mois. Le chiffre est celui de l’opérateur, pas celui d’une autorité citée dans l’annonce. Il sert à justifier une option payante. Il ne dit pas quelle part de ces appels Anti-Spam aurait arrêtés, ni combien relevaient d’une fraude et combien d’un simple démarchage.

La nuance compte pour les 2 euros. Un appel indésirable et une fraude ne demandent pas la même réaction. Le premier ennuie. La seconde cherche un virement, un code ou une donnée. L’offre les réunit dans une même option. Tant qu’un bilan public ne sépare pas les deux, le client achète la promesse groupée, pas un résultat chiffré.

Ce que cette annonce ne compare pas

Orange, Free et SFR ne sont pas départagés ici. Leurs filtres, gratuits ou payants, n’ont pas été revérifiés pour cet article. En dire qu’ils incluent déjà l’équivalent sans supplément, ou qu’ils ne proposent rien, serait aller au-delà des textes lus. Une comparaison serait utile le jour où chaque offre est décrite avec le même soin : prix, date, lieu du filtre, critère technique. Ce n’est pas le cas au 29 septembre 2026 dans les sources de cette dépêche.

Les questions encore ouvertes avant le 5 octobre

D’ici à l’ouverture aux particuliers, le 5 octobre, l’annonce laisse plusieurs points sans réponse publique. L’option est-elle activable ligne par ligne dans l’espace client, ou faut-il un contact avec le service ? Le texte du 28 septembre ne le dit pas. Il dit qu’aucune application et aucune configuration sur le téléphone ne sont nécessaires. Ce n’est pas la même chose qu’une souscription invisible. Les 2 euros supposent un geste d’abonnement, dont le bouton exact n’est pas décrit ici.

Autre zone floue : le sort d’un numéro légitime mais très actif, par exemple un standard que l’on attend. L’analyse citée regarde l’âge du numéro, le volume et la durée des appels. Ces signaux peuvent coller à une fraude. Ils peuvent aussi coller à un service utile. Sans règle publiée sur les erreurs de tri, ni sur la façon de laisser passer un correspondant, le client ne sait pas s’il pourra corriger un blocage. Hiya et Bouygues n’ont pas, dans les éléments utilisés pour cette dépêche, détaillé cette porte de sortie.

Enfin, le calendrier professionnel du 12 octobre décale d’une semaine les lignes d’entreprise. Une société qui espérait le même jour que les particuliers n’a pas cette date. Le tarif plus bas, 1 euro, ne compense pas, à lui seul, l’absence de mesure d’efficacité. Avant de souscrire, la question utile n’est pas de savoir si les appels indésirables existent. L’opérateur dit que près de neuf utilisateurs mobiles sur dix en ont reçu un en trois mois. La question utile est de savoir ce que la ligne cessera d’afficher, et comment revenir en arrière si un appel attendu disparaît. Le 28 septembre ne répond pas encore.

Anti-Spam, chez Bouygues, se résume donc à un choix daté. À partir du 5 octobre, un particulier peut ajouter 2 euros par mois et par ligne pour un traitement réseau conçu avec Hiya, sans application. À partir du 12 octobre, une ligne professionnelle est annoncée à 1 euro. Le téléphone ne change pas de système. La ligne, si le client souscrit, est censée arriver moins souvent jusqu’à l’écran. Combien moins souvent, l’annonce ne le mesure pas.

Pigiste pour EcranMobile.fr En savoir plus sur cet auteur


Mercredi 30 Septembre 2026


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