Rien ne semble freiner la course de la publicité digitale en France. Selon la 36ème édition de l’Observatoire de l’e-pub, publiée ce jeudi par le SRI (Syndicat des Régies Internet) et l’UDECAM, et réalisée par le cabinet Oliver Wyman, le marché français de la publicité en ligne a atteint 6,689 milliards d’euros au premier semestre 2026. Une progression spectaculaire de +12 % par rapport à la même période l'an dernier, confirmant la résilience du secteur face aux incertitudes économiques.
Pour l’ensemble de l’année 2026, les prévisions restent au beau fixe : les analystes anticipent un atterrissage autour des 13,9 milliards d’euros, soit une hausse annuelle de +11 %.
La vidéo et le "Retail" : moteurs insolents de la croissance
Dans le détail, les leviers historiques confortent leur hégémonie tandis que les nouveaux formats explosent. Le Search (moteurs de recherche) reste le premier pilier du marché avec 41 % des parts (2,74 milliards d'euros, +12 %), solidement épaulé par le dynamisme du commerce en ligne. Le Social (réseaux sociaux) s'impose comme le deuxième poumon du secteur : en hausse de +16 %, il capte un tiers du marché (2,22 milliards d'euros) et génère à lui seul plus de 40 % de la croissance du semestre.
Mais la véritable star de ce début d'année est le Retail Media (les espaces publicitaires vendus directement par les sites e-commerce). S'il est isolé, ce segment affiche un bond impressionnant de +18 % pour peser 775 millions d’euros.
Du côté des formats, la mutation est définitive : la vidéo représente désormais 63 % du segment Display (affichage). Sa montée en puissance (+15 %) est directement tirée par l'essor de la télévision segmentée (BVOD) et des plateformes de streaming par abonnement (SVOD) qui ouvrent leurs vannes aux annonceurs.
Preuve de ce changement d'usage, la Télévision Connectée (CTV) s'est imposée comme l'écran roi, captant la moitié des investissements vidéo du semestre. À l'inverse, le display "classique" (bannières traditionnelles) poursuit sa chute avec un recul de -5 %.
Un marché à deux vitesses : l'Europe à la traîne
Derrière ces chiffres record se dessine une fracture de plus en plus nette entre deux modèles économiques. D’un côté, les plateformes globales (américaines et asiatiques) dont la croissance repose sur l'automatisation, la performance et des effets d'échelle massifs. De l’autre, les médias locaux.
Les chiffres sont cruels pour la souveraineté numérique : les acteurs européens ne représentent plus que 17 % du marché global. Leur croissance (+4 %) progresse trois fois moins vite que le reste du secteur. Le constat est encore plus alarmant pour la catégorie Édition & Information (les sites de presse et d'actualité), qui est la seule à s'enfoncer dans le rouge avec un recul de -5 % de ses recettes publicitaires.
Le tsunami de l'IA générative en ligne de mire
Pour le second semestre et les années à venir, l'industrie n'aura pas les yeux rivés sur la croissance, mais sur sa transformation technologique. L’arrivée massive de l’intelligence artificielle, le déploiement des moteurs conversationnels et des fonctionnalités comme AI Overviews (les résumés par IA de Google) s'apprêtent à bouleverser la façon dont les internautes accèdent à l'information.
Pour l’ensemble de l’année 2026, les prévisions restent au beau fixe : les analystes anticipent un atterrissage autour des 13,9 milliards d’euros, soit une hausse annuelle de +11 %.
La vidéo et le "Retail" : moteurs insolents de la croissance
Dans le détail, les leviers historiques confortent leur hégémonie tandis que les nouveaux formats explosent. Le Search (moteurs de recherche) reste le premier pilier du marché avec 41 % des parts (2,74 milliards d'euros, +12 %), solidement épaulé par le dynamisme du commerce en ligne. Le Social (réseaux sociaux) s'impose comme le deuxième poumon du secteur : en hausse de +16 %, il capte un tiers du marché (2,22 milliards d'euros) et génère à lui seul plus de 40 % de la croissance du semestre.
Mais la véritable star de ce début d'année est le Retail Media (les espaces publicitaires vendus directement par les sites e-commerce). S'il est isolé, ce segment affiche un bond impressionnant de +18 % pour peser 775 millions d’euros.
Du côté des formats, la mutation est définitive : la vidéo représente désormais 63 % du segment Display (affichage). Sa montée en puissance (+15 %) est directement tirée par l'essor de la télévision segmentée (BVOD) et des plateformes de streaming par abonnement (SVOD) qui ouvrent leurs vannes aux annonceurs.
Preuve de ce changement d'usage, la Télévision Connectée (CTV) s'est imposée comme l'écran roi, captant la moitié des investissements vidéo du semestre. À l'inverse, le display "classique" (bannières traditionnelles) poursuit sa chute avec un recul de -5 %.
Un marché à deux vitesses : l'Europe à la traîne
Derrière ces chiffres record se dessine une fracture de plus en plus nette entre deux modèles économiques. D’un côté, les plateformes globales (américaines et asiatiques) dont la croissance repose sur l'automatisation, la performance et des effets d'échelle massifs. De l’autre, les médias locaux.
Les chiffres sont cruels pour la souveraineté numérique : les acteurs européens ne représentent plus que 17 % du marché global. Leur croissance (+4 %) progresse trois fois moins vite que le reste du secteur. Le constat est encore plus alarmant pour la catégorie Édition & Information (les sites de presse et d'actualité), qui est la seule à s'enfoncer dans le rouge avec un recul de -5 % de ses recettes publicitaires.
« Les marques médias, leurs contenus et la confiance qu'elles ont su construire s'imposent plus que jamais comme des actifs stratégiques », veut pourtant croire Corinne Mrejen, Présidente du SRI, qui appelle à un partage plus équitable de la valeur.
Le tsunami de l'IA générative en ligne de mire
Pour le second semestre et les années à venir, l'industrie n'aura pas les yeux rivés sur la croissance, mais sur sa transformation technologique. L’arrivée massive de l’intelligence artificielle, le déploiement des moteurs conversationnels et des fonctionnalités comme AI Overviews (les résumés par IA de Google) s'apprêtent à bouleverser la façon dont les internautes accèdent à l'information.
Pour Maïté Dailleau, Associée Médias & Télécom chez Oliver Wyman, ce virage technologique est crucial : « C’est une opportunité pour les médias de récupérer de la valeur perdue au détriment de différents intermédiaires, à condition de bien prendre ce virage technologique. » L'enjeu des prochains mois sera donc réglementaire et technique : s'assurer que les contenus créés par les médias traditionnels soient correctement valorisés et rémunérés lorsqu'ils nourrissent les agents IA qui capteront, demain, l'attention des consommateurs.



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Publicité Programmatique : le mobile fait de la résistance, l’audio in-app explose




