Consulter un site d'information ou faire un achat en ligne depuis son smartphone n'a plus rien d'anodin. Selon une étude publiée par la société de cybersécurité Surfshark, près d'une application mobile sur deux (45 %) collecte l'historique de navigation de ses utilisateurs. Sur un échantillon de 40 services parmi les plus téléchargés sur iOS et Android — couvrant les réseaux sociaux, le commerce en ligne, la messagerie et l'intelligence artificielle —, 18 admettent ouvertement cette pratique dans les fiches de confidentialité de leurs magasins d'applications.
Un contournement technique validé par la recherche
Cette révélation coïncide avec les conclusions de travaux récompensés en juin 2026 par le prix CNIL-Inria pour la protection de la vie privée. Dans leur publication scientifique intitulée « Bridges to Self : Silent Web-to-App Tracking on Mobile via Localhost », des chercheurs ont démontré comment des applications Android majeures, dont Facebook et Instagram, écoutent discrètement des ports de communication locaux de l'appareil.
Ce mécanisme permet d'intercepter les données envoyées par des scripts publicitaires disséminés sur le web pour relier, à l'insu de l'internaute, son identité sur les réseaux sociaux à son parcours de navigation globale. Le dispositif s'avère particulièrement intrusif : il contourne la suppression des cookies, la navigation privée et même l'usage d'un réseau virtuel privé (VPN).
Réseaux sociaux et commerce en tête du traçage
Le secteur des plateformes sociales est le plus agressif : 9 réseaux sur 10 analysés siphonnent l'historique de navigation sur au moins un système d'exploitation.
Le principal vecteur de cette surveillance passive réside dans les navigateurs intégrés (in-app browsers). En ouvrant les liens web directement au sein de leur interface plutôt que via le navigateur par défaut de l'appareil, les plateformes s'octroient une visibilité totale sur l'activité en ligne. « On s'attend à ce qu'un navigateur garde une trace de notre navigation, mais peu de gens réalisent que des applications du quotidien font de même », souligne Karolis Kaciulis, ingénieur système en chef chez Surfshark. « Dès qu'un lien est cliqué, elles peuvent suivre précisément ce qui est recherché et consulté pour affiner leur ciblage publicitaire. » Le consentement, lui, reste généralement enfoui dans les conditions générales d'utilisation.
Un contournement technique validé par la recherche
Cette révélation coïncide avec les conclusions de travaux récompensés en juin 2026 par le prix CNIL-Inria pour la protection de la vie privée. Dans leur publication scientifique intitulée « Bridges to Self : Silent Web-to-App Tracking on Mobile via Localhost », des chercheurs ont démontré comment des applications Android majeures, dont Facebook et Instagram, écoutent discrètement des ports de communication locaux de l'appareil.
Ce mécanisme permet d'intercepter les données envoyées par des scripts publicitaires disséminés sur le web pour relier, à l'insu de l'internaute, son identité sur les réseaux sociaux à son parcours de navigation globale. Le dispositif s'avère particulièrement intrusif : il contourne la suppression des cookies, la navigation privée et même l'usage d'un réseau virtuel privé (VPN).
Réseaux sociaux et commerce en tête du traçage
Le secteur des plateformes sociales est le plus agressif : 9 réseaux sur 10 analysés siphonnent l'historique de navigation sur au moins un système d'exploitation.
- Sur iOS et Android : Facebook, Instagram, TikTok, X (ex-Twitter), YouTube et Pinterest mènent la collecte sur les deux écosystèmes.
- Sur Android uniquement : Reddit, LinkedIn et Snapchat réservent cette collecte aux appareils du système de Google.
- L'exception : Seule la messagerie communautaire Discord s'abstient de récupérer ces données, quelle que soit la plateforme.
Le secteur de l'e-commerce suit une logique similaire avec 50 % des applications concernées (eBay, Shopify et Shopee sur les deux systèmes ; Taobao sur iOS ; AliExpress sur Android) dans le but d'optimiser leurs algorithmes de recommandation de produits. Côté messageries, Messenger, Rakuten Viber et LINE appliquent également ce suivi. L'intelligence artificielle générative reste pour l'instant le segment le plus étanche, avec une seule exception notable : Google Gemini.
Cette intensification du pistage numérique intervient dans un contexte de fermeté accrue des autorités de régulation. Ces dernières années, la CNIL a infligé plus de 400 millions d'euros d'amendes liées au traçage abusif, sanctionnant notamment Google à hauteur de 150 millions d'euros et Amazon à hauteur de 35 millions d'euros. Le régulateur français a désormais ces méthodes de suivi hybride, entre web et applications natives, dans son viseur.
Cette intensification du pistage numérique intervient dans un contexte de fermeté accrue des autorités de régulation. Ces dernières années, la CNIL a infligé plus de 400 millions d'euros d'amendes liées au traçage abusif, sanctionnant notamment Google à hauteur de 150 millions d'euros et Amazon à hauteur de 35 millions d'euros. Le régulateur français a désormais ces méthodes de suivi hybride, entre web et applications natives, dans son viseur.



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