À la suite d’un accord conclu avec les autorités américaines, Meta mettra en place de nouvelles restrictions pour les utilisateurs âgés de 13 à 17 ans.
Dans les prochains mois, les adolescents ne pourront utiliser Facebook et Instagram que deux heures par jour. Les notifications seront désactivées pendant les heures de cours ainsi que durant la nuit, tandis que certaines fonctionnalités, comme les filtres de beauté les plus poussés, seront limitées. Les mentions « J’aime » seront également masquées par défaut et des rappels inviteront les jeunes à faire des pauses après une utilisation prolongée.
Les parents conserveront toutefois la possibilité d’assouplir certaines de ces restrictions. Si ces nouvelles règles concernent uniquement les États-Unis, elles alimentent déjà les discussions au sein de l’Union européenne. La Commission européenne estime que Meta doit offrir un niveau de protection comparable aux jeunes Européens. Elle demande notamment au groupe d’améliorer la gestion du temps d’écran, de renforcer les outils de contrôle parental et de réduire les mécanismes susceptibles d’encourager une utilisation excessive des plateformes.
Cette démarche s’inscrit dans le cadre du Digital Services Act (DSA), qui impose aux très grandes plateformes de limiter les risques que leurs services peuvent faire peser sur les utilisateurs, en particulier les mineurs. Depuis 2024, Meta fait déjà l’objet d’une enquête européenne portant sur le fonctionnement de Facebook et d’Instagram.
La Commission examine notamment des fonctionnalités comme le défilement infini, la lecture automatique des contenus et les algorithmes de recommandation, soupçonnés d’encourager des comportements addictifs chez les plus jeunes. Contrairement aux États-Unis, le DSA ne permet toutefois pas d’imposer directement une limite de deux heures d’utilisation quotidienne. En revanche, Bruxelles peut contraindre Meta à modifier ses plateformes si elle démontre que certaines fonctionnalités présentent un risque pour les mineurs.
L’accord américain ne crée aucune obligation juridique pour les pays européens. Il constitue néanmoins un précédent important. Le fait que Meta accepte volontairement de limiter certaines fonctionnalités aux États-Unis rend plus difficile l’argument selon lequel ces mesures seraient techniquement irréalisables ou incompatibles avec le fonctionnement des plateformes. Plusieurs responsables européens considèrent désormais que ces engagements pourraient servir de base à de futures exigences réglementaires dans l'Union européenne.
Au-delà de Meta, cette évolution pourrait également concerner d'autres plateformes comme TikTok, Snapchat ou YouTube. Les autorités européennes souhaitent renforcer la protection des mineurs sans interdire totalement l'accès aux réseaux sociaux. L'objectif serait plutôt de limiter les usages les plus intensifs, tout en responsabilisant les plateformes sur la conception de leurs services. Si aucun changement n'est encore acté en Europe, l'accord conclu aux États-Unis pourrait accélérer l'évolution des règles encadrant les réseaux sociaux et renforcer les exigences imposées aux grandes plateformes numériques.



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