Après une première étude consacrée au marché américain, OpenAI étend désormais son analyse à l’Europe. Basé sur la classification officielle européenne des métiers (ESCO) ainsi que sur les données d’Eurostat, le rapport vise à mesurer le niveau d’exposition des différentes professions aux capacités actuelles de l’intelligence artificielle. L’objectif affiché est d’aider les décideurs publics et les entreprises à anticiper les transformations du marché du travail, tout en soulignant que ces estimations ne constituent pas des prévisions définitives.
Selon OpenAI, environ 14 % des emplois européens présentent un risque élevé d’automatisation à court terme. Ces métiers combinent plusieurs caractéristiques : une forte exposition aux capacités actuelles de l’IA, une faible nécessité d’intervention humaine et une demande relativement stable. Le rapport distingue également plusieurs autres catégories
- 27 % des emplois devraient évoluer avec une réorganisation des tâches plutôt qu'une disparition ;
- 12 % pourraient bénéficier de l’IA grâce à une hausse de la demande liée à la baisse des coûts ;
- 47 % resteraient relativement peu affectés par les technologies actuelles.
En France, la part des métiers considérés comme fortement exposés serait légèrement inférieure à la moyenne européenne, avec 13 %, tandis que davantage de professions seraient concernées par une transformation de leurs missions.
Cette publication intervient alors que l’Union européenne poursuit la mise en œuvre de l’AI Act, son nouveau cadre réglementaire dédié à l’intelligence artificielle. À cette occasion, Ronnie Chatterji, économiste en chef d’OpenAI, s’est rendu à Bruxelles afin d’échanger avec plusieurs responsables européens, notamment lors d’événements organisés autour de la Banque centrale européenne.
Cette démarche s’inscrit dans une stratégie plus large de coopération entre OpenAI et les institutions européennes sur les questions liées au développement responsable de l’IA. Si le rapport d’OpenAI se montre relativement optimiste, d’autres analyses mettent en évidence des effets plus contrastés sur le marché du travail. En France, près de 10 % des entreprises de dix salariés ou plus utilisent déjà au moins une technologie d’intelligence artificielle, une proportion en forte progression par rapport à l’année précédente.
Certaines estimations avancent que plusieurs centaines de milliers d’emplois pourraient être directement automatisés dans les prochaines années, tandis qu’un nombre encore plus important de postes évoluerait grâce à l’intégration de nouvelles compétences liées à l’IA. Par ailleurs, des études réalisées aux États-Unis montrent que les jeunes actifs entrant sur le marché du travail pourraient être davantage exposés aux effets de l’automatisation, avec un ralentissement des recrutements dans plusieurs professions fortement concernées.
À l’inverse, d’autres recherches, notamment celles de la Banque centrale européenne, suggèrent que les entreprises ayant fortement adopté l’intelligence artificielle ne réduisent pas nécessairement leurs effectifs. Certaines recruteraient même davantage afin d’accompagner leur transformation numérique. Ces résultats renforcent l’idée que l’intelligence artificielle pourrait davantage modifier le contenu des métiers que provoquer leur disparition massive, même si certains secteurs resteront particulièrement concernés par l’automatisation.
Avec la généralisation rapide des outils d’intelligence artificielle générative, la question de leur impact sur l’emploi demeure l’un des principaux enjeux économiques des prochaines années. Si OpenAI estime que seule une minorité des métiers européens est aujourd’hui fortement exposée, l’évolution rapide des technologies laisse présager de nouvelles transformations qui continueront d’alimenter le débat entre entreprises, pouvoirs publics et partenaires sociaux.



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