Si l'on doutait encore de l'appétit du grand public pour les « wearables » boostés à l'IA, les derniers chiffres du cabinet d'analyse Counterpoint Research viennent lever toute ambiguïté. Au premier semestre 2026, les livraisons mondiales de lunettes intégrant de l'intelligence artificielle ont enregistré une progression spectaculaire de 263 % par rapport à la même période l'an passé.
Une explosion qui ne doit cependant rien au hasard ni aux modèles les plus futuristes. Ce sont en effet les lunettes dites « sans écran » (display-less) qui tirent le marché vers les sommets, monopolisant pas moins de 96 % des volumes d'expédition.
Une explosion qui ne doit cependant rien au hasard ni aux modèles les plus futuristes. Ce sont en effet les lunettes dites « sans écran » (display-less) qui tirent le marché vers les sommets, monopolisant pas moins de 96 % des volumes d'expédition.
L’hégémonie de Meta et le pragmatisme du « sans écran »
Plus accessibles, plus légères et ressemblant à s'y méprendre à des montures classiques, les lunettes IA sans écran séduisent. Le segment a crû de 258 % sur un an. Dans cette course, Meta et son partenaire EssilorLuxottica font la course en tête, loin, très loin devant la concurrence.
Trois ans après le lancement des premières Ray-Ban Meta, la firme de Mark Zuckerberg règne en maître absolu : elle capte aujourd'hui 94 % des parts de marché mondiales sur le segment sans écran. Le lancement de variantes plus abordables, de nouveaux modèles et une expansion agressive sur de nouveaux marchés, notamment en Asie-Pacifique, expliquent cette domination écrasante. En dehors de Meta, le marché reste extrêmement fragmenté, malgré les tentatives de géants chinois comme Alibaba ou Huawei.
La réalité augmentée, un marché de niche dominé par la Chine
Du côté des lunettes équipées d'écrans de réalité augmentée (AR & IA) transparents, l'histoire est différente. Bien que la croissance y soit encore plus impressionnante (+449 % sur un an), le volume global reste marginal. En cause : des coûts de production élevés, des designs plus imposants et une technologie qui doit encore mûrir.
Toutefois, sur ce segment de niche, la Chine a pris une sérieuse longueur d'avance. Menée par des constructeurs comme Rokid, Even Realities ou INMO, la production chinoise s'appuie sur une chaîne d'approvisionnement locale déjà très mature (micro-écrans, lentilles, composants audio). L'Empire du Milieu concentre ainsi 45 % des expéditions mondiales de lunettes AR, devant l'Amérique du Nord (41 %). Comme le souligne Flora Tang, analyste chez Counterpoint : « Les entreprises chinoises ont tendance à lancer leurs produits plus tôt et à les améliorer rapidement, là où Meta ou Apple préfèrent attendre que les technologies soient parfaitement matures avant de les déployer à grande échelle. »
Plus accessibles, plus légères et ressemblant à s'y méprendre à des montures classiques, les lunettes IA sans écran séduisent. Le segment a crû de 258 % sur un an. Dans cette course, Meta et son partenaire EssilorLuxottica font la course en tête, loin, très loin devant la concurrence.
Trois ans après le lancement des premières Ray-Ban Meta, la firme de Mark Zuckerberg règne en maître absolu : elle capte aujourd'hui 94 % des parts de marché mondiales sur le segment sans écran. Le lancement de variantes plus abordables, de nouveaux modèles et une expansion agressive sur de nouveaux marchés, notamment en Asie-Pacifique, expliquent cette domination écrasante. En dehors de Meta, le marché reste extrêmement fragmenté, malgré les tentatives de géants chinois comme Alibaba ou Huawei.
La réalité augmentée, un marché de niche dominé par la Chine
Du côté des lunettes équipées d'écrans de réalité augmentée (AR & IA) transparents, l'histoire est différente. Bien que la croissance y soit encore plus impressionnante (+449 % sur un an), le volume global reste marginal. En cause : des coûts de production élevés, des designs plus imposants et une technologie qui doit encore mûrir.
Toutefois, sur ce segment de niche, la Chine a pris une sérieuse longueur d'avance. Menée par des constructeurs comme Rokid, Even Realities ou INMO, la production chinoise s'appuie sur une chaîne d'approvisionnement locale déjà très mature (micro-écrans, lentilles, composants audio). L'Empire du Milieu concentre ainsi 45 % des expéditions mondiales de lunettes AR, devant l'Amérique du Nord (41 %). Comme le souligne Flora Tang, analyste chez Counterpoint : « Les entreprises chinoises ont tendance à lancer leurs produits plus tôt et à les améliorer rapidement, là où Meta ou Apple préfèrent attendre que les technologies soient parfaitement matures avant de les déployer à grande échelle. »
Flambée des prix et défis éthiques à l'horizon
L'horizon n'est pourtant pas totalement dégagé pour l'industrie. Le rapport pointe du doigt deux ombres au tableau pour les mois à venir : d'une part, la hausse des prix des composants électroniques (en particulier la mémoire), et d'autre part, les inquiétudes grandissantes du grand public concernant la vie privée, notamment liées à la présence de caméras embarquées.
Malgré ces vents contraires, Counterpoint Research reste très optimiste. L'intensification des investissements d'Apple, Google, Samsung et Meta promet une concurrence féroce et de nouvelles innovations. La prochaine révolution annoncée ? Les « lunettes IA agentiques » (agentic AI glasses), capables d'offrir des interactions vocales proactives et ultra-personnalisées en fonction du contexte. Pour rassurer les utilisateurs soucieux de leur vie privée, l'industrie pourrait même se tourner massivement vers des modèles sans caméra ou dont les capteurs optiques ne serviraient qu'à la compréhension spatiale, sans possibilité de filmer.
Une chose est sûre : l'informatique de demain pourrait bien se porter sur le bout du nez.
L'horizon n'est pourtant pas totalement dégagé pour l'industrie. Le rapport pointe du doigt deux ombres au tableau pour les mois à venir : d'une part, la hausse des prix des composants électroniques (en particulier la mémoire), et d'autre part, les inquiétudes grandissantes du grand public concernant la vie privée, notamment liées à la présence de caméras embarquées.
Malgré ces vents contraires, Counterpoint Research reste très optimiste. L'intensification des investissements d'Apple, Google, Samsung et Meta promet une concurrence féroce et de nouvelles innovations. La prochaine révolution annoncée ? Les « lunettes IA agentiques » (agentic AI glasses), capables d'offrir des interactions vocales proactives et ultra-personnalisées en fonction du contexte. Pour rassurer les utilisateurs soucieux de leur vie privée, l'industrie pourrait même se tourner massivement vers des modèles sans caméra ou dont les capteurs optiques ne serviraient qu'à la compréhension spatiale, sans possibilité de filmer.
Une chose est sûre : l'informatique de demain pourrait bien se porter sur le bout du nez.



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