Au lendemain de la cyberattaque visant le Crédit Mutuel Arkéa, qui a entraîné des opérations frauduleuses et la suspension temporaire de certaines transactions selon la banque, Surfshark publie son suivi des fuites de comptes en ligne pour le troisième trimestre 2026. D’après l’étude Data Breach Monitoring, 2,4 millions de comptes français ont été compromis entre juillet et septembre, soit l’équivalent de 18 comptes chaque minute. Ce volume place la France au 7e rang mondial, alors que le total international atteint près de 122 millions de comptes sur la même période, en hausse de 13,2 %. Les chiffres émanent de Surfshark, éditeur de services de cybersécurité ; un compte compromis ne correspond pas forcément à une personne distincte, un même utilisateur pouvant apparaître dans plusieurs fuites.
Pourquoi la France reste-t-elle dans le top 10 mondial ?
Après avoir figuré parmi les trois pays les plus touchés lors des trimestres précédents de 2026, la France recule à la septième place. Les 2,4 millions de comptes signalés représentent une baisse de 88 % par rapport au trimestre précédent, selon le communiqué daté du 5 novembre à Paris. Cette amélioration relative ne fait pas disparaître le risque : Surfshark rappelle que des données volées peuvent circuler ou rester inexploitées pendant des mois avant d’être utilisées à des fins frauduleuses. « Bien que les incidents majeurs attirent souvent l’attention du public, d’importantes quantités d’informations volées restent cachées pendant de longues périodes, tandis que les cybercriminels attendent le moment opportun pour les exploiter », déclare Tomas Stamulis, Chief Security Officer de Surfshark. Ce contexte croise aussi les alertes déjà relayées sur le smishing et les arnaques bancaires.
Quels pays européens progressent le plus ?
En Europe, le Royaume-Uni devient le pays le plus touché avec 5,8 millions de comptes au T3, soit une hausse de 121,6 % sur un trimestre, et grimpe au 3e rang mondial. L’Ukraine passe de la 47e à la 6e place, avec 2,6 millions de comptes en trois mois. Au niveau mondial, les États-Unis restent premiers avec 38,1 millions de comptes, soit près de 31 % du total, suivis du Brésil (7 millions), du Royaume-Uni (5,8), de l’Inde (5,5) et de l’Australie (3,1). Selon Stamulis, « la cybersécurité européenne fait face à une pression croissante, les cybercriminels ciblant des infrastructures numériques critiques » mais aussi « les services du quotidien, comme les réseaux de distribution et les services financiers ». Ces volumes s’ajoutent à d’autres signaux déjà observés côté mobile, comme les pratiques de collecte de données des applications.
Où le risque par habitant est-il le plus élevé ?
Au-delà des volumes absolus, Surfshark insiste sur le taux de comptes compromis pour 1 000 habitants. L’Estonie affiche le plus haut taux mondial, avec 118 comptes pour 1 000 habitants, devant l’Australie, les États-Unis et le Royaume-Uni. Plusieurs autres pays européens — Finlande, Croatie, Ukraine, Lettonie, Danemark et Autriche — présentent aussi des taux élevés, avec une moyenne citée de 64 comptes pour 1 000 habitants. L’entreprise lie ces résultats aux vulnérabilités des systèmes informatiques et aux attaques visant notamment les secteurs de la finance et du commerce. La méthodologie couvre la période du 1er juillet au 30 septembre 2026 et compare le nombre de comptes par pays, son évolution d’un trimestre à l’autre, ainsi que le ratio rapporté à la population.
Comment limiter l’exposition de ses données ?
Face à ces volumes, Surfshark recommande trois réflexes : traiter toutes les informations personnelles comme sensibles et ne les communiquer que lorsqu’elles sont nécessaires ; réserver ses véritables coordonnées aux démarches qui l’exigent, notamment les formulaires officiels ; et limiter l’exposition sur les autres services via un pseudonyme, une adresse e-mail secondaire ou un service de masquage. Ces conseils, formulés par l’éditeur de l’étude, visent surtout à réduire la surface utile en cas de fuite chez un tiers. Les données complètes sont publiées sur le tableau de bord mondial et la fiche France. Avec près de 122 millions de comptes compromis en trois mois dans le monde, la protection des données personnelles reste un enjeu majeur pour les entreprises comme pour les particuliers.



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