Google a un nom, des scores et un prix. Ce jeudi 1er octobre, il n’a pas de date pour mettre Gemini 4 Argon dans le téléphone.
Mercredi 30 septembre, Koray Kavukcuoglu, vice-président senior de Google DeepMind et architecte en chef de l’IA chez Google, a annoncé le modèle. Le billet le décrit comme capable de tenir un raisonnement long : ingénierie logicielle, travail de connaissance en entreprise (droit, finance) et cyberdéfense. Des milliers de salariés de Google s’en serviraient déjà.
L’accès ne passe pas par une boutique d’applications. Argon est d’abord ouvert à des défenseurs cyber de confiance, via le programme Fairwind. Google dit participer, en parallèle, au processus volontaire du gouvernement américain d’accès avant diffusion. Les développeurs, les entreprises et les particuliers viendraient ensuite, « dès que possible », une fois les garde-fous ajustés. Reuters (Kenrick Cai) le confirme : aucun calendrier public. The Verge, en ligne mercredi à 22 h 41, heure de Paris, retient la même limite. L’accès reste restreint le temps de vérifier que le modèle n’est pas désaligné.
Ce que le téléphone ne peut pas encore faire
Ni Google, ni Reuters, ni The Verge ne datent l’application Gemini sur Android ou iOS. Rien n’indique qu’une mise à jour du chat, sur un Pixel ou un autre téléphone, activera Argon. Ce 1er octobre, ouvrir Gemini sur son mobile ne donne pas ce modèle.
Les exemples du billet sont des chantiers internes, pas des fonctions de poche. Des agents migreraient du C et du C++ vers Rust, de quelques dizaines de milliers de lignes (re2, libgav1) à plus de 800 000 pour le noyau Zircon de Fuchsia, encore sous audit. Sur libgav1, 32 000 lignes de code SIMD auraient été remplacées, pour un décodeur 2,7 fois plus rapide que le portage Rust existant, à vidéo identique. Une équipe d’agents aurait libéré plus de 300 tébioctets de mémoire, estimation de 500 tébioctets à 1 pébioctet. Rien de cela n’est proposé sur un téléphone.
Le plafond de sortie passe à 1 million de jetons, contre 64 000. Google veut laisser le modèle raisonner plus longtemps, jusqu’à des centaines de milliers de jetons en une trajectoire. Aucune interface mobile n’est citée : le fil de l’application n’en hérite pas.
Le volet cyber écarte le grand public. Pour les défenseurs de confiance et ses équipes, Google livrera Argon sans garde-fous cyber, pour trouver, valider et corriger des failles. Wiz l’utiliserait déjà dans Scan for Good. Google affirme qu’une faille critique, exposant des données personnelles dans un logiciel de santé utilisé par des hôpitaux dans le monde, a été vue là où les modèles frontières précédents seraient passés à côté. Le logiciel n’est pas nommé. Cette variante n’est pas faite pour un téléphone du commerce.
Un tarif d’API, pas un forfait mobile
Le prix publié vise une interface de programmation, pas un abonnement téléphone. Au lancement : 2 dollars le million de jetons en entrée, 10 dollars le million en sortie. Les jetons d’entrée mis en cache coûtent 95 % de moins. La durée de ce tarif d’appel n’est pas précisée, et aucun montant en euros n’est donné. Ensuite : 4 dollars et 20 dollars le million de jetons, entrée puis sortie.
La suite ne commence pas par l’application gratuite. Elle doit démarrer par les clients payants de l’API et les abonnés Google AI Ultra. Ultra est un abonnement, pas une date de mise à jour, et rien ne dit que le chat du téléphone suivra en même temps. D’ici là, le mobile reste sur les modèles déjà en place. L’annonce ne précise pas lesquels.
Des scores élevés, deux bancs de code en retrait
Quatre pourcentages sont publiés. DeepSWE v1.1, tâches réelles d’ingénierie sur la durée : 77,9 %, présenté comme un état de l’art. AutomationBench, le banc de Zapier : premier, à 51,3 %. LVBench, vidéos longues : 91,7 %, en tête. CWE-bench v1, correction de failles : égalité en première place à 68 %, après Gemini 3.8 Flash Cyber.
Google se dit aussi leader de l’indice Vals (finance, code, droit, fiscalité, pondérés par le PIB américain), de Vals Finance Agent v2 et du banc juridique de Harvey, sans pourcentage.
Le porte-parole cité par Reuters complète, puis relativise. Argon serait plus grand que la précédente lignée de modèles Pro, le plus performant de Google pour des charges complexes, comparable à Astra, chez OpenAI, et à Opus, chez Anthropic, sur des bancs clés de code et de cyber. D’après les résultats montrés par Google, il reste derrière sur certaines mesures, dont deux des quatre bancs de code de l’annonce. Ces deux bancs ne sont pas nommés. Les premières places ne font donc pas le tableau entier.
The Verge signale, à part, qu’OpenAI a lancé la veille l’agent Dots et GPT-6.1 Sol, et renoncé cette semaine à un GPT-6.1 Astra pour des raisons de sûreté. Le porte-parole de Google compare Argon à un « Astra » d’OpenAI. Les deux textes ne disent pas s’il s’agit du même système.
Gemini 3.5 Pro ne sera pas livré
Selon ce porte-parole, Google ne publiera pas Gemini 3.5 Pro, que Sundar Pichai avait situé en juin. Reuters estime que ces retards ont laissé avancer Anthropic et OpenAI, et note un glissement de message : moins la course au seul modèle de pointe, davantage l’argument du coût.
DeepMind a changé de mains. Reuters écrit que Demis Hassabis, fondateur et directeur général, s’est effacé, et que plusieurs responsables de Gemini sont partis. The Verge date d’août la nomination de Kavukcuoglu. Argon est la première grande annonce frontière sous cette organisation, sans le Pro attendu au début de l’été, et sans créneau pour le téléphone.
Des contrôles avant le public
Avant une ouverture large, Google cite quatre chantiers : refuser les demandes malveillantes (cyber, risques chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires) sans bloquer la recherche légitime ; résister aux injections de prompt ; surveiller le désalignement en lisant le raisonnement et les actions, et couper si le modèle dépasse l’intention ; isoler les environnements de test. Google dit ne pas réinjecter ces alertes dans l’entraînement, afin de ne pas apprendre au modèle à les contourner.
Le 1er octobre 2026, Gemini 4 Argon est donc annoncé, tarifé pour une API et tenu hors du public le temps de ces contrôles. Ce n’est pas une mise à jour d’application. Sans date pour les clients payants, les abonnés Ultra, puis le chat grand public, le téléphone ne peut ni interroger Argon, ni produire un million de jetons, ni utiliser la version cyber sans garde-fous. Gemini 3.5 Pro ne comblera pas ce délai : il ne sortira pas.Gemini 4 Argon : annoncé, le mobile devra encore attendreGemini 4 Argon : annoncé, le mobile devra encore attendre



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