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Snap dévoile ses lunettes de réalité augmentée « SPECS » ... à 2300 euros


A mi chemin entre l'Apple Vision Pro et les Meta Display, Snap dévoile ses « SPECS », des lunettes de réalité augmentée ... à 2300 euros



(C) Snap Inc.
(C) Snap Inc.
C’est un pari industriel et technologique majeur pour Snap Inc. Le géant américain, connu pour son application Snapchat, vient d'officialiser le lancement de SPECS, un ordinateur portable d’un genre nouveau, entièrement intégré à des lunettes de réalité augmentée (RA) transparentes.

Disponibles dès aujourd’hui en précommande sur le site de la marque au prix de 2 295 euros (avec un acompte remboursable de 170 euros), les premières paires seront livrées cet automne aux États-Unis, au Royaume-Uni et en France.

Pour Evan Spiegel, cofondateur et PDG de Snap Inc., ce lancement marque une rupture philosophique avec la tech actuelle :
« Depuis des décennies, les ordinateurs nous obligent à baisser les yeux, à rester immobiles ou à nous déconnecter du moment présent. Le smartphone a mis nos vies dans nos poches. SPECS fait sortir l’informatique des écrans pour l’ancrer dans le monde réel, là où la vie se vit. »

Le chaînon manquant entre le casque et les lunettes connectées ?

Jusqu'ici, le marché de la tech imposait un arbitrage frustrant : d’un côté, des lunettes IA légères mais limitées ; de l’autre, des casques de "spatial computing" ultra-puissants mais lourds et isolants.

Avec SPECS, Snap entend créer une troisième voie. Entièrement autonomes (sans câble ni boîtier externe), ces lunettes sont taillées pour le quotidien. Conçues en polymère suisse TR90, elles affichent un poids plume sur la balance : 132 grammes pour le modèle 47 mm et 136 grammes pour la version 52 mm. Les porteurs de verres correcteurs n'ont pas été oubliés grâce à un système d'inserts amovibles.

Une fiche technique de haute volée

Sous le capot, Snap n'a pas lésiné sur les moyens pour garantir une immersion fluide :
  • Affichage de pointe : Technologie propriétaire LCoS offrant un champ de vision de 51 degrés et 16 millions de couleurs. Cela permet de simuler un écran de travail de 24 pouces ou un écran de cinéma de 115 pouces (à 3 mètres de distance).
  • Verres électrochromes : Inspirés de l'aéronautique (Boeing 787 Dreamliner), les verres passent du transparent au teinté en seulement 10 secondes selon la luminosité.
  • Puissance et réactivité : Propulsées par deux processeurs Snapdragon, les lunettes affichent une latence motion-to-photon de seulement 7 millisecondes, éliminant l'effet de décalage visuel.
  • Autonomie : Comptez jusqu'à 4 heures en utilisation mixte, et jusqu'à 20 heures au total grâce aux quatre recharges fournies par l'étui de transport.
Une IA qui « voit ce que vous voyez »

Au-delà du matériel, c'est l'écosystème logiciel qui doit faire le succès des SPECS. Animées par Snap OS, les lunettes intègrent une intelligence artificielle contextuelle. « Ce n’est pas une intelligence confinée à une fenêtre de discussion », insiste Evan Spiegel. « C’est une intelligence capable de voir ce que vous voyez, de comprendre ce que vous essayez de faire et de vous aider sur le moment. »

Concrètement, l'utilisateur pourra voir s'afficher des itinéraires en temps réel, projeter un espace de travail virtuel ou utiliser des "Lenses" (applications en RA) interactives. Le catalogue initial propose déjà des outils variés : de l'analyse des pentes sur un green de golf à des cours de batterie interactifs, en passant par la modélisation de forces physiques invisibles à l'œil nu.

Pour séduire les développeurs, Snap a parallèlement annoncé des outils de pointe, notamment l'intégration du développement agentique dans des environnements populaires comme Claude Code ou Cursor, facilitant la création et la migration d'applications vers son système d'exploitation.

Le défi de la vie privée et de l'adoption de masse

Conscient des réticences historiques du public face aux lunettes caméras (on se souvient du fiasco des Google Glass), Snap montre patte blanche sur la confidentialité. La firme réaffirme son approche "Privacy by Design" : un voyant LED s'allume explicitement lors de tout enregistrement, le traitement des données est prioritairement effectué en local sur l'appareil, et le consentement de l'utilisateur est requis avant d'accéder à des données sensibles.

Pour soutenir ce lancement stratégique, Snap frappe fort côté marketing avec une campagne mondiale signée par le légendaire photographe Steven Meisel. Elle met en scène des icônes de la pop-culture et du sport comme la star de la NBA Jimmy Butler, les musiciens Jack Harlow et Imogen Heap, ou encore les mannequins Kaia Gerber et Hoyeon. Tous ont collaboré à la création d'expériences exclusives qui seront déployées cet automne.

Reste une inconnue de taille : le grand public est-il prêt à débourser près de 2 300 euros pour adopter ce nouveau mode de vie connecté ? Réponse dès l'automne prochain dans les rues américaines, britanniques et françaises.



Jérôme B
Pionnier de la presse en ligne avec le lancement de NetEconomie.fr en 1999, Jérôme Bouteiller est... En savoir plus sur cet auteur


Tags : snap
Mardi 16 Juin 2026


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