EcranMobile.fr

Nom de domaine : Telegram brigue l’extension « .gram » pour transformer ses profils en sites web


En candidatant auprès de l’ICANN pour gérer son propre domaine de premier niveau, la messagerie de Pavel Durov entend affranchir son milliard d'utilisateurs des registres tiers et déployer des pages web interactives générées par IA.



DR (c) Gemini
DR (c) Gemini
Telegram franchit une étape supplémentaire dans sa stratégie d’émancipation technique. La plateforme a formellement déposé un dossier auprès de l'ICANN (Internet Corporation for Assigned Names and Numbers), le régulateur mondial de l'adressage Internet, afin d'obtenir la gouvernance exclusive de l'extension de premier niveau (TLD) «.gram».

Si la requête aboutit, l'entreprise ne sera plus un simple client du système de noms de domaine (DNS), mais deviendra le registre officiel de cette zone, avec l'ambition d'attribuer une adresse personnalisée (pseudonyme.gram) à plus d'un milliard d'utilisateurs actifs.

Gagner en indépendance technique

Cette offensive sur l’infrastructure du Web intervient peu après un incident notable : en juillet dernier, les liens raccourcis officiels du service (t.me) ont subi une panne de près de 24 heures consécutive à un blocage temporaire opéré par le gestionnaire du domaine monténégrin (.me). Posséder et opérer son propre TLD permettrait à Telegram de sécuriser ses points d'accès sans dépendre des décisions de registres externes ou de prestataires tiers.

De la messagerie à l'hébergement de sites par IA

Au-delà de la redirection vers des conversations, Pavel Durov ambitionne d'utiliser cette extension pour métamorphoser les profils des membres en véritables présences web autonomes. Selon les éléments partagés par le fondateur, les détenteurs d'une adresse en .gram pourraient concevoir et publier des pages interactives hébergées directement par l'infrastructure Telegram à partir d'une simple requête textuelle en langage naturel.

Un parcours d'homologation semé d'embûches

La mise en service effective reste toutefois soumise à un calendrier contraignant et incertain :
  • Examen réglementaire et financier : La candidature s'inscrit dans la nouvelle vague d'expansion des extensions génériques ouverte par l'ICANN, exigeant un audit technique et financier poussé qui s'étale généralement sur plus d'un an.
  • Risques d'opposition de marque : Le processus d'attribution ouvre une phase de contestation durant laquelle des géants du numérique — à l'instar de Meta, qui pourrait invoquer la proximité phonétique et visuelle avec sa marque Instagram — sont susceptibles de formuler des objections formelles.
  • Enjeux de modération : Gérer un registre souverain obligera Telegram à démontrer sa capacité à réguler les contenus et à lutter contre les abus (hameçonnage, contrefaçon, cybercriminalité) sur l'ensemble de la zone .gram.

Jérôme B
Pionnier de la presse en ligne avec le lancement de NetEconomie.fr en 1999, Jérôme Bouteiller est... En savoir plus sur cet auteur


Tags : telegram
Mardi 25 Août 2026


Technologies | IA | Entretiens | Usages | Business | Revue de web | Focus


Recherche Archives