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Fonctionnalités et usages : 3 mois avec le Motorola Moto Z2 Play (2/2)

Rédigé par le Jeudi 2 Novembre 2017 | Lu 1015 fois

Suite du test qui de Août à novembre, m'a amené à faire du Motorola Moto Z2 play mon compagnon de jeu privilégié. Un de ces tests long cours où je glisse un flagship dans ma poche pour voir si au delà des tests théoriques un terminal se laisse amadouer par l'usage. Autant le dire tout de suite, je suis énamouré de ce téléphone, mais j'ai du mal à percevoir quelle cible il vise.



Lenovo à la place de Motorola, puis Motorola à la place de Lenovo...

[ Pour lire la première partie du test et en savoir plus sur la stratégie modulaire en général, ou les mods de Motorola en particulier, cliquez ici ]

Début 2014, Lenovo prend les rennes de  Motorola. Et renomme la marque. Motorola devient Moto. Si le M historique demeure en logo, le nom motorola s’efface complètement, même sur les châssis des téléphones.

Et tout le monde a semblé de suite un peu perdu. Pourquoi un constructeur chinois, connu pour une gamme assez low cost et low tech du côté du mobile, - certes auréolé pourtant du succès du rachat des PC IBM (Thinkpad) -  s’évertue-t-il à tuer une marque historique, aussi connue aux US et dans le monde que, mettons, Nokia . Gloriole? Duplication du modèle de communication du Thinkpad passé très rapidement sous pavillon Lenovo? Oui mais à l'inverse de ce qui s'est passé dans le monde des laptops, Lenovo mobile existait déjà et avait une image de marque assez “entrée de gamme” ? Dans ce cas, pourquoi effacer le nom Motorola, pour en faire un un hybride “Moto” dans lequel personne ne retrouve le gage de sérieux, le frisson d’histoire industrielle du mobile, puisque hey ho, les premiers mobiles au monde furent des Motorola.

Voilà pour le grand public perdu avec Moto remplaçant Motorola. Du côté des magazines et blogs tech on n'était pas mieux lotis. Avec un rachat d’abord par Google puis par Lenovo, nous autres chroniqueurs nous perdions un peu sur qui détenait quoi et qui était parti où (j’avoue c’est encore difficile parfois, notamment pour identifier où sont aujourd’hui les anciens d’ATAP, dissous dans NEST/Google ou repartis chez Moto, rachetés par Lenovo? ) Motorola devenant Moto on se demandait: s’agit-il des mêmes équipes? Est-on dans la même gamme de prix que les Motorola ou initie-t-on un nouveau segment?

Rick Osterloh PDG de Motorola à l'époque  (avant d’être débarqué par Lenovo pour s’en aller bosser sur le hardware de Google o-0 ) essayait bien de clarifier la situation, mais  sans y parvenir totalement   

Dès lors, j’imagine que les ventes ont subi ce trouble, et que les résultats de Moto / Lenovo n’ont pas été à la hauteur des espérances du constructeur chinois. Aussi, après une paire d’années sous le nom “moto”, la compagnie revient ces jours-ci sous son nom historique Motorola, "Moto" restant le nom de code de certains modèles.

Ce rétropédalage marketing a été annoncé lors d’un événement de présentation de la nouvelle gamme Z et de rebranding de Lenovo, qui entend renouer avec les racines de l'entreprise Motorola.

 
l'annonce de l'événement
l'annonce de l'événement

Valoriser l'histoire industrielle de la marque

Ces racines, gages de qualité ou de sérieux aux oreilles du public américain et européen sont susceptibles sans doute,  pour le VP marketing, Jan Huckfeldt de donner à la marque le petit sursaut nécessaire à réimplanter Motorola sur son marché d’origine, en gommant, un peu, le nom Lenovo du tableau historique.

Ce qui, soit dit en passant replace aussi la nouvelle gamme Motorola Moto Z dans la lignée de tous les travaux qui, du premier téléphone mobile au projet ara, ont façonné la courte aventure des téléphones cellulaires (Voir ci-dessous). 



 
“Quand j’ai pris la barre en avril de l’année dernière, je me suis retrouvé en situation difficile, nous avions à faire vivre 4 ou cinq marques au niveau mondial, comprenant plus de 35 produits différents”. Et quand l’équipe a annoncé qu’ils en finissaient avec Motorola, il sont rentrés et on fait quelques études d’impact. Leur conclusion a été que leur atout principal était en fait la marque Motorola elle même.
Cette découverte a permis à Huckfeldt de n’avoir plus à se focaliser que sur une seule marque, avec une gamme de 10 à 12 produits maximum.
“Bien évidement vous voulez faire levier sur les actifs de marque les plus forts que vous avez. Comment elle est unique, comment elle est connue? Nous voulions absolument remettre le M en forme d’ailes de chauve-souris au devant de la scène et au devant - c’est une icône si sexy” (Source)

Le M revient en force dans les pubs.  Au niveau mondial,  l’agence Ogilvy est à la manoeuvre, partenaire historique de Motorola.

“Mototrola is back”. Une campagne de  pub rqui se résume en quelques mots clés:  “distinctive brand personality – quirky, bold, lively" selon Huckfeldt interrogé sur le sujet. 



En Novembre, et en préparation des fêtes de fin d'année, les équipes de Motorola France vont encore plus plus loin dans la mise en avant de la réappropriation de la marque. La campage est signée  “Motorola est de retour”, en plus du M historique  et de la signature “Hello Moto”, seule concession à l’histoire récente de Motorola / Lenovo. La pub est ensuite abondamment relayée sur les chaînes TV ado orientées. Elle tourne à plein rendement à l'heure où j'écris ces lignes.



On espère pouvoir poser nos questions sur les enjeux de ce rebranding aux équipes Marketing de Motorola France, parce que j’imagine que l’histoire d’un ménage à trois incluant Motorola, Google et Lenovo dans l’imaginaire d’une même marque doit avoir des aspects passionnant en terme de positionnement marketing sur le segment mobile  milieu de gamme. Surtout quand, en plus,  la notoriété de la marque historique est très variable d’un pays à l’autre.

Passionnante aventure de communication où on sent que le marketing de marque, et la réintroduction du glorieux passé du constructeur est une manière de valoriser le présent du constructeur racheté par Lenovo.  Preuve supplémentaire aussi que l’histoire du mobile auprès de ses consommateurs est aussi une histoire "d’affect" autour des marques. Et que des succès commerciaux se jouent souvent sur le ressenti de la cible vis à vis d’une marque (Apple iPhone en est sans doute le meilleur exemple) et pas seulement sur la promesse technologique.

Tout a été dit sur la genèse de la série Z dont dépend le Z2 play qui m’a accompagné, trois mois.

OUi mais, s’agit-il d’un téléphone qui mérite vraiment le détour? 

Un positionnement marché un peu complexe à la sortie. En passe d'être rétabli ces jours-ci

Venons-en maintenant à mon compagnon de ces trois derniers mois: le Motorola moto Z2 play.

Sorti au coeur de l’été 2017, il tournait à l'époque autour des 500€ prix public. C’est à dire en compétition directe avec le très complet One Plus 5 et sa communauté de fans,  le LG G6 et son gage de régularité, le Huawei  P10 l'outsider qui monte, le Honor 10 et même le S7 Edge et le HTC 10 en déclins qui s’échangent à 500€ depuis l’arrivée de leurs grands frères S8 et HTC U 11 .

Pour les fêtes la Fnac le sort en pack à 449€, avec en mod d'accompagnement, l’enceinte JBL. Ce n’est pas idiot. En réduisant la valeur du téléphone et en augmentant le matériel fourni pour le même prix qu’à la sortie du téléphone, Motorola / Lenovo  répond par la pratique à la question majeure que je ne me suis posé pendant tout le test, sans arriver à répondre de manière tranchée: serais-je tenté par un terminal à 450 € qui nécessite que j’ajoute environ 60€ de matériel pour devenir un bon smartphone audio et 250€ pour un très bon smartphone photo, quand pour le même prix je peux avoir un One Plus 5 ou un HTC10 côté Androïd, un Iphone 8 côté iOS?

En préparant les fêtes avec un terminal orienté gros son, et un tarif sous la barre des 500€ le motorola Z2 play devient un compétiteur totalement crédible dans la case des téléphones qui ciblent les adolescents et avec des armes indéniables dans le créneau des smartphone milieu de gamme de qualité.

Pour 450 euros j’ai un smartphone survitaminé son, Et je pourrais même me laisser tenter à l’occasion d’une prochaine fête par un mod photo hasselblad a environ 210€ pour le sur-vitaminer vidéo.  Ou pas. 210€ ... C'est presque le prix d'un petit compact Nikon ou Canon d'entrée de gamme. Vraiment ce mod est trop cher. Mais en le blindant son et image, j'aboutirais à un smartphone prêt pour l' audio/ photo vendu moins de 700 €.  Je pourrais faire mon crâneur face aux Samsungeux ou autres iphone 8 istes.

Je serais Motorola, je m’arrangerais d’ailleurs pour vendre le tout comme ça en multipliant les packs multimods ou en expliquant que je fais une super ristourne si toi consommateur tu t’engages à acheter sous n mois un mod supplémentaire (... et comme y’en a que deux crédibles en plus du JBL sur le marché, tu amènes les gens à calculer sur le prix total final).

Ce serait un challenge économique pour Lenovo, et une gageure pour les marketeux de Lenovo en France, mais je pense que c'est vraiment la clé de l'adhésion au principe des mods. Or justement, mettre un coup de boost  pour créer les conditions d'un l’écosystème modulaire, dans lequel Lenovo / motorola a encore un coup d’avance…  Moi j’irais à fond. (Enfin je ne suis pas au marketing de Motorola, et j'imagine que l'actionnariat gueule quand on écrase les marges).

Test du Motorola Moto Z2 Play: La prise en main

La prise en main est le moment le plus déroutant de tout le test de 3 mois. Il faut bien une journée pour s’habituer à un smartphone plutôt léger et d’un demi centimètre d’épaisseur seulement. Le métal inox du boîtier fait éviter l’impression de “cheap” mais c’est vrai que la sensation lors de la première prise en main en mode “téléphone qu’on met à l’oreille" est assez surprenante et nécessite un petit temps d’adapation, que certains appelleraient inconvénient mais que j’ai, pour ma part oublié après un jour ou deux. C’est même maintenant à l’inverse quand je prends le Huawei P9 lite de ma moitié, le HTC de ma progéniture, ou l’iphone du boulot que j’ai l’impression que ces téléphones sont très très lourds et franchement encombrants.

Côté caractéristiques techniques générales Le Z2 Play est pourvu d’un écran Amoled Full HD de 5,5 pouces, une processeur Qualcomm Snapdragon 626, 4 Go de RAM et 64 Go de mémoire interne (extensible via microSD ce qui est juste génial quand on a envie de transformer le moto Z2+JBL en ambianceur de salon).

Au dos, dans un logement en surplomb (un peu "verrue" sur une façade arrière prévue pour accueillir un mod) on trouve un appareil photo de 16 Mpx, (et un de 5MPX en façade pour Skype, Snapchat, Instagram, Whatsapp ou Google Allo mais guère orienté photo).

La connectique est assez standard, avec du Wi-Fi, du Bluetooth, une puce radio FM, la 4G (Bandes 3 [1 800 MHz], 7 [2 600 MHz], 20 [800 MHz] et 28 [700 MHz]) et un port USB Type-C  pour chargement et transfert data sur la tranche inférieure.

C'est une batterie de 3 000 mAh qui alimente le tout, un peu plus réduite que sur le premier moto Z mais le design a obligé cette concession. (Autant le dire tout de suite, l’autonomie du Z2 play n’a jamais été un problème pendant ces trois mois).

Les points positifs du Moto Z2 play

le logement double carte sim
le logement double carte sim
Commençons par les points positifs de ce téléphone:

Cartes Sim

La version que j’ai pu tester était pourvue d’un logement double sim qui peut remplacer la carte SD si on veut se servir de son motorola Z comme téléphone pour la maison et la ligne professionnelle.


Ecran

L’écran et la fluidité d’affichage étaient mes principales craintes sur un téléphone à moins de 500 € et je dois reconnaître que ni en usage “consultation de l’application de mon fournisseur de séries préféré, en Wifi ou en données mobiles” la qualité d’affichage n’a jamais été entachée de moments désagréables même si j’ai lu que les tests de résolution effectués par plusieurs blogs spécialisés montre que le Z2 play possède un delta E à 3,9, légèrement au-dessus du 3 en dessous de laquelle on considère que l'œil humain ne voit plus les aberrations chromatiques. 

A l’usage, pendant les 3 mois, sur les quelques jeux que j’ai testé, l’affichage est toujours resté fluide, même sur des essais de course avec paysage défilant, et le seul constat que j’ai pu faire en lecture multimédia, c’est mon envie parfois de rehausser la luminosité de l’écran, pour bénéficier de meilleurs contrastes. Rien qui ne rende en tous cas l’expérience rédhibitoire. Non, pour un milieu/haut de gamme, le Z2 play tire plutôt son épingle du jeu, quand on le compare à ses concurrents.

Un téléphone avec un mini jack

Processeur:
 
Le snapdragon 626 est la mise à jour du 625 de la série Z. Il ajoute quelques Megahertz dont tout le monde se fout. Le téléphone est fluide, la latence quasi inexistante, et je n’ai jamais repéré, en trois mois de test, une quelconque difficulté à ouvrir ou faire fonctionner une application voire deux en même temps puisque c’est désormais une des fonctionnalités d’Android 7.1.

Le duo Snapdragon 625 et Adreno 506 pour la partie graphique font le job. A peine ais-je ressenti parfois une chauffe modérée du terminal sous l’appareil photo, quand j’ai filmé au bureau. En lecture de vidéo, pas de chauffe vraiment manifeste, et il me semblait en retrouver aussi un peu pendant certains jeux. Rien qui ne risque de brûler la main qui tient le téléphone, je vous rassure.
 
Mini Jack
 
Le Z2 play est équipé d’un mini jack. C’est sans doute un détail passéiste pour certains, mais pour moi qui suis attaché non seulement à la radio FM dans un téléphone et à la possibilité de passer rapidement d’un casque à l’autre en fonction de mes usages (à la maison dans mes plumes, au bureau devant le PC ou dans les transports en commun) c’est un détail que je continue d’apprécier.

D’autant que le rendu du son, avec casques multiples s’avère efficace et assez puissant. (vous savez ce moment gênant où on se met à réentendre ses voisins de métro au beau milieu d’un hurlement de Liam Gallagher… Pas de ça ici). La plage dynamique tourne autour des 91db à en croire les tests repérés ici et là. Le seul bémol? Il est logé dans le bas du téléphone, on range donc le téléphone tête bêche dans sa poche revolver quand on écoute de la musique dans les transports.

 


Autonomie bluffante

Le mod JBL est le seul haut-parleur valable pour ce téléphone
Le mod JBL est le seul haut-parleur valable pour ce téléphone
Haut-parleur

Mais qui irait utiliser le haut parleur du téléphone quand il est fourni avec une enceinte JBL ? Pas de miracle, le son en sortie du seul haut-parleur d’usine logé sous une coque d’un demi centimètre ne fait pas de miracles. Il rend trop d’aigues. Mais, par comparaison avec le S7 de samsung par exemple, ou le dernier Lumia que j’ai pu tester, au moins à pleine puissance ne sature-t-il pas. 


L’ autonomie

Sans doute un des points qui m’a le plus bluffé ces trois derniers mois. 

Le Moto Z avait déjà fait fort, son fillot se devait d’assurer. Pour  Smartviser, le Z2 Play rend l’âme au bout de 16 heures et 39 minutes, et en streaming le résultat est très similaire: 16 heures et 18 minutes. OK mais personne ne fait ça dans la réalité, me direz-vous. 

Pas faux. Parlons de mes usages habituels. J’ai deux fois deux heures de transport et suis plutôt adepte des réseaux sociaux standard, type facebook, instagram, whatsapp et surtout Twitter. 

Sur une batterie pleine, services de localisation allumés, Wifi en détection et bluetooth branché mais en usage sporadique (des fois je balance du son sur mon google Home en bluetooth, et parfois aussi je mets à jour les données de ma fitbit) j’arrive à faire: une à deux heures de série, une  heure de podcast en téléchargement / stream, un peu de radio FM, les consultations plus que régulières des twits, whatsapp, facebook insta, les quelques photos de rue que je m’amuse à faire, du waze quand nécessaire pour m’orienter en GPS, un peu de clash of clans (oui je sais…) . 

Il ne m’est en fait jamais arrivé avec ces usages réguliers, et magré wifi/bluetooth/localisation actifs de tomber en rade dans une journée de boulot ordinaire. Le téléphone arrive en bout de course, quand moi aussi je tombe, une fois rentré du boulot.  Rien que pour ça le Z2 play m’est devenu indispensable. Il fait mieux que le S7 edge que j’utilisais juste avant. (où je déconnectais le bluetooth pour qu’il me fasse la journée à coups sûr, à usages identiques)

Autre avantage, la recharge est assez rapide, ce qui m’a permis plus d’une fois de recharger un téléphone que j’avais oublié de rebrancher le soir venu, dans l’intervalle entre le lever et le moment de partir au boulot. Puis j'aime bien la jauge de batterie qui me signale dans combien de temps mon téléphone sera entièrement rechargé.

Androïd presque tout nu

Quand on vient de l'écosystème Samsung, soit le téléphone Androïd le plus vendu au monde, vraiment, c’est un bonheur sans nom d’exploiter un Androïd tout nu.

Issue sans doute de son passé d’amour commun avec Google, la version Android du Z2 play est très très très très proche d’un Androïd stock. Et je comprends du coup pourquoi Andy Rubin lance sa marque Essential sur cette seule promesse dont Motorola / Lenovo fait étrangement  assez peu cas, alors que c'est à mon sens un des points vraiment agréables de ce téléphone.

Android sans surcouche c’est beau, c’est efficace, ça marche vraiment bien (les bureaux s’enchaînent par glissement. Le menu applications est disponible par glissé bas haut, les icônes s’alignent, les centre de notifications est clair, je ne passe pas d’abord 3 plombes à désactiver des logiciels motorola qui ne serviraient à rien, ou à paramétrer des fonctions que je n'utiliserai jamais, j'ai l'assistant google sur le bouton du bas...) Motorola c’est Android 7.1.1 livré dès qu’il est disponible au grand public. Ce sont des patchs correctifs qui suivent forcément de très près leur annonce par Google. C’est la promesse d’interface fluides. A peine trouve-t-on trace de Motorola dans l’application Motorola (que je n’ai pas vue tout de suite, mais je me disais bien que mon téléphone n’était pas magique…) qui permet de paramétrer certaines fonctionnalités tellement pratiques qu’on se les approprie avec évidence: 

 

Ainsi, je ne conçois plus de téléphone qui n’allume pas la lampe de poche quand je fais un double tranchant de la main,  une caméra qui ne réponde pas quand je secoue le téléphone, un écran qui la nuit ne m’affiche pas l’heure quand j’approche la main du téléphone, à tâtons, sans le trouver..

Par conviction je n’utilise pas le détecteur d’empreintes, je n’aime pas ça.  Mais on peut utiliser le bouton d’empreinte pour définir des gestes de navigation et se passer dans ce cas des triangle-rond-carré Android habituels pour se déplacer dans les menus.

Et du côté logiciel propriétaire c’est à peu près tout ce que Motorola nous offre, si on omet la partie logicielle utile à la gestion des mods dont je parlais plus haut, et l'interface de l'appareil photo (voir ci-dessous)

Enfin un téléphone solide ?

quelques rayures sur la tranche après une chute.
quelques rayures sur la tranche après une chute.
Je ne suis pas casse-cou mais je suis distrait. J’ai par deux fois cassé l’écran du samsung galaxy S7 edge. Il est une fois tombé de ma table de travail sur les pieds de ma chaise, et le bouton volume est resté enfoncé… J’ai aussi malencontreusement fait tomber un casque audio sur l’écran, qui s’est légèrement brisé. Rien de foufou… mais au vu du coût (300€ pour le remplacement de l’écran étanche) c’est à prendre en compte lors d’un achat de téléphone mobile quand on partage avec moi le défaut de maladresse.

Le Z2 play ne semble pas épargné par un tarif de remplacement de vitre prohibitif tournant autour des 250€  dans les magasins spécialisés. Mieux vaut donc éviter de la casser.  Pourtant, le poids plume du téléphone et sa coque en métal bordant tout l’écran peuvent être de précieux alliés.

Je sais que ça n’a aucune valeur scientifique et est peut-être un monstrueux coup de chance, mais le Z2 Play a fait une chute de ma poche jusqu'au bitume en quittant la voiture, et s’en sort avec quelques égratignures. (Photo)

Peut-être qu’un des arguments vente du Moto Z et son “Shatterproof glass” ou verre incassable n’était pas qu’un argument, après tout.

A noter aussi, parce que ça peut avoir son importance, les écrans de protection Z2 play et les coques adaptées, semblent un peu manquer du côté des revendeurs qu’on trouve dans les centres commerciaux, les magasins opérateurs et les gares.

J’ai du me rabattre sur une version “générique” efficace, mais pas adaptée à la largeur exacte de l’écran: dommage.

Notons qu’avec l’entrée du Z2 play dans les packs d’hiver 2017 on peut penser que du côté magasins opérateurs, la donne va changer.

Les inconvénients : L'appareil photo

Je vois un seul inconvénient, puisque comme je l’ai dit, la partie prise en main est plutôt pour moi de l’ordre de la surprise.

L’appareil photo du téléphone

Le Z2 play est doté d’un capteur arrière de 12 mégapixels (ouverture f1.7 et double autofocus). Il dispose de détection de phase – d’un autofocus laser - de pixels de 1,4 microns – et d’un double flash LED. C’est un bon compromis pour un terminal qui se promet de nous offrir un mod photo additionnel pas trop cher (enfin 250€ quoi…) qui améliore son efficacité. 

La capture vidéo est en 720p (120fps), 1080p, 4K (30fps) mais dans le dernier cas, prévoyez un peu de chauffe de l’appareil et une grooooosse carte SD. A noter aussi si vous aimez les reportages au mobile, il n’y a pas de vrai stabilisateur sur la camera, aussi un monopode ou une trépied peuvent sortir d’embarras.

La caméra avant, orientée appels vidéo et réseaux sociaux est un honorable 5 Mpx – pixels de 1,4 microns, avec lentille grand angle f/2.2 et flash 

Mais, parce qu’il y a un mais… S’il prend des photos efficaces pour les souvenirs de famille, si tant est qu’on s’est habitué à la photographie mobile, on perçoit les limites matérielles et logicielles du téléphone. C’est d’autant plus flagrant que les Honor ou  Samsung S7 pointent dans la même gamme de prix en fin 2017 avec des résultats photos tout de même plus probant.

Les photos test réalisées avec le Moto Z2 Play à Rochefort sur le pont de l'Hermione

Les photographies manquent un peu de détail. C’est peu perceptible quand on les regarde sur l’écran, ou en partage dans les réseaux sociaux. Ca devient flagrant quand on affiche l’image sur un écran d’ordinateur avec une bonne résolution et beaucoup de piqué, ou qu’on utilise des logiciels de retouche (mobile ou non). Ca a tendance à très légèrement créneler.

En bonne condition de luminosité, le traitement informatique établit un bon contraste, mais enlève un peu de détail. On perd aussi un peu de piqué. Ca me gêne. Modérément, mais j’ai promis de fournir un test honnête.

En faible lumière l’image semble lissée, pour faire disparaître le bruit provoqué par le capteur. On perd là aussi un peu de piqué et de précision. Dommage. J’ai aussi l’impression que le rendu des couleurs est un peu plus intense que dans la réalité. J’ai joué à cache cache avec le soleil, sur le pont de l’Hermione à Rochefort: caler une image fidèle en couleur (ici trop intenses) et d’une bonne balance de lumière a relevé du défi. Bon en même temps, qui fait des photos en surexposé pour le plaisir, dans la vraie vie.

La photo avec le moto Z2 play est efficace, mais sans faire d’étincelles. Dans la même gamme de prix, le S7 fait mieux (mais il a un son tout pourri sans enceinte JBL, par comparaison)

Il faut donc choisir. Soit on veut un téléphone polyvalent boosté en son, par JBL, pour 450€, soit on veut un téléphone de #mojo ou #mopho (mobile journaliste et photographe) plutôt efficace, avec la surcouche Samsung, point.

Ce seul inconvénient et la compétition avec des terminaux, anciens fleurons comme le S7 ou l’iphone 8 sur le créneau des photophones (mais maintenus  jusque quand?) sont les seuls points négatifs que je vois à mon test de trois mois.  
 

Mes conclusions fonctionnelles rapides

Je surapprécie d’avoir un téléphone au plus proche de l’expérience Androïd, qui reçoit les mises à jour et mises à jour de sécurité vraiment très rapidement.

Je surkiffe de disposer d’un téléphone ultra léger, qui s’améliore par un mod transportable, qui lui donne une vocation de chaîne hifi répondant à mon besoin.

Je regrette un peu que du côté photographie, j’aie envie de parfois glisser le S7 du boulot dans mon sac pour faire des photos un peu proto-artistiques.

Et puis disposer du premier / seul terminal au monde descendant d’une stratégie modulaire qui aurait pu donner l’ara-phone pour moi, c’est aussi comme posséder un petit bout de l’histoire du mobile.

Un petit morceau de l'histoire du mobile ?

On l’a vu au long de ce test fleuve que le Moto Z2 play est un terminal pas tout à fait comme un autre dans mon suivi des sorties mobiles. Il trouve sa place dans mon panthéon, parce qu’il est le seul enfant d’une idée née dans ma conscience citoyenne avec le pacte écologique de Nicolas Hulot, il y a dix ans: "un jour on achèterait des briques de téléphone, qu’on remplacerait au fur et à mesure, plutôt que des téléphones entièrement obsolescents".   

Le Motorola moto Z2 play est une preuve de ce que donne ce concept initial, confronté aux réalités du marché. Il est moins réparable que le Fairphone qui a quant à lui conservé l’esprit “non obsolescent” des concepts modulaires originels, au détriment des fonctionnalités. Le Motorola Moto Z2 play propose néanmoins une expérience où les mods peuvent être adaptés sur la gamme suivante, et où on achète un accessoire d’amélioration sans être obligé de racheter un terminal complet (ou simplement parce qu’on a un nouvel usage particulier). Ce qui est déjà un énorme pas modulaire pour un grand nombre de consommateurs.

Oui, Motorola / Lenovo s'est  largement écarté de l’idée de modularité complète et de réparabilité totale.

Mais parce qu’il est le dernier témoin vivant de ce qui aurait pu être l’AraPhone, ( le téléphone non militant qui aura poussé le plus loin le concept de “blocs” modifiables) il prouve aussi qu’un concept ne mène pas toujours à une logique commerciale efficace. Ainsi le Z2 play est la preuve qu’on ne peut en 2017 produire un téléphone efficace, viable commercialement et entièrement modulaire.

Parce les grands groupes fussent-ils Google ne peuvent travailler longtemps à perte sur des concepts innovants  et parce qu’on constate aussi que les grandes idées d’adaptabilité et de modifiabilité se heurtent encore aux usages de consommation réels des acheteurs qui ne sont pas encore prêts ou n’ont simplement pas envie de monter un téléphone comme on monterait un Légo, et encore moins d’en remplacer des pièces eux-mêmes si le besoin s’en fait sentir. ​

Les mods de Motorola sont cependant  et sans doute, le témoin conceptuel le plus avancé de ce qu’une marque est capable de faire admettre comme principe "modulaire" à un public cible de  2017, tout en étant capable de tenter une approche commerciale soutenable. Quand bien même l’avenir de la planète est en jeu.

Enfin par son usage innovant de l’aimant comme méthode d’arrimage, la marque tente de mettre en place un nouveau standard d’usage. La récente annonce de la marque Essential et de sa caméra magnétique prouve que le concept a peut-être de l’avenir chez d’autres constructeurs, et que c’est une technologie à suivre d’un oeil intéressé de geek technophile.

La gamme Z de moto Motorola est peut-être aussi une pionnière en matière de spécialisation du téléphone mobile en fonction de métiers ou de besoin spécifiques: puisque le sauts d’innovation ne se font plus sur les fonctions de base d’un téléphone payable, on peut imaginer  un monde de demain ou par un principe de mods additionnels on pourra transformer le smartphone en plateforme à hardwares spécialisés. Et faire, au passage , de Motorola un carrefour serviciel en surcouche de l’écosystème androïd, sans toucher à l'expérience Androïd elle-même. Je rêve de voir arriver des mods camera 3D, des appareils d'autosurveillance médicale, des applications pour les livreurs, des outils pour plombiers, pour garagistes,  pour serveurs dans les bars, pour livreurs, pour sportifs...

Alors que manque-t-il à ce Z2 play pour devenir un must have grand public? Un meilleur appareil photo? une enceinte de série correcte? une prise en main moins surprenante? Non à mon sens ce qui lui manque c’est un réel prix d’appel. Si Motorola arrivait à sortir son Z2 non plus à 400€ hors mod, mais aux alentours de 200/250 euros (et en compétition par exemple avec les P8/P9 lite du second semestre 2017) Lenovo s’agrègerait rapidement, je pense, une population adolescente qui a “besoin” d’un smartphone pour rester en contact avec sa tribu, sans avoir les moyens des CSP quand il s'agit de viser directement un haut de gamme. Une cible adolescente qui pourrait personnaliser progressivement son expérience mobile  par les mods qu’elle achèterait au gré de ses finances, des fêtes saisonnières, des échanges entre amis  ou de l’évolution de ses pratiques spécifiques. Et par la même, développer une communauté jeune, évolutive, qui adopte le principe de "l'aimant à hardware" supplémentaire. Avec son pack de noël 2017 à  450€ avec un mod JBL, le Z2 play  reste néanmoins un téléphone de milieu de gamme intéressant et abordable, taillé pour le son. En arrivant à diminuer le tarif du téléphone nu et à multiplier les partenariats hardware, Motorola aurait pu / pourrait arriver créer et imposer un nouvel usage, une nouvelle habitude de consommation par le mod additionnel.

Mais, qui sait, c’est peut-être l’ambition de la marque à moyen terme. Je suivrai en tous cas avec la plus grande attention l’arrivée de nouveau partenariats autour des mods pour voir si Motorola est “vraiment” de retour.

 

              


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