​Smartphone Starlink : Pourquoi le fantasme d'un « Tesla Phone » refuse de mourir


Depuis une semaine, la rumeur d’un smartphone signé SpaceX ou Tesla a repris une ampleur sans précédent, propulsée par un rapport de Reuters évoquant des plans secrets pour doper les revenus de l’entreprise avant une éventuelle introduction en bourse (IPO).



C’est le serpent de mer le plus persistant de la Silicon Valley. Depuis une semaine, la rumeur d’un smartphone signé SpaceX ou Tesla a repris une ampleur sans précédent, propulsée par un rapport de Reuters évoquant des plans secrets pour doper les revenus de l’entreprise avant une éventuelle introduction en bourse (IPO).

Pourtant, le 5 février dernier, Elon Musk a encore une fois douché les espoirs des fans sur son réseau X : « Nous ne développons pas de téléphone ». Mais comme souvent avec le milliardaire, le démenti cache une nuance de taille. Quelques heures plus tard, il ajoutait qu’un tel appareil n’était « pas exclu à terme » et qu’il serait « radicalement différent » de ce que nous connaissons.

Alors, simple écran de fumée ou révolution imminente ? Plongée dans l’hypothèse d’un appareil qui pourrait redéfinir la mobilité.

Le "Direct to Cell" : La fondation est déjà là

Si SpaceX affirme ne pas construire de terminal, elle est déjà en train de construire le réseau. En ce début d'année 2026, la constellation Direct to Cell (DTC) compte plus de 650 satellites opérationnels.

L’état actuel : Grâce à des partenariats avec T-Mobile (et des rumeurs persistantes avec Orange en Europe), des millions d'utilisateurs peuvent déjà envoyer des SMS et passer des appels d'urgence par satellite avec leurs smartphones actuels.

Le chaînon manquant : Pour l'instant, la bande passante est limitée. Un smartphone « natif » Starlink posséderait des antennes optimisées capables de capter un signal 5G spatial constant, éliminant définitivement les zones blanches, même en plein océan ou au sommet de l'Everest.

Plus qu’un téléphone, une extension de l'empire

Pourquoi Elon Musk s'embêterait-il avec un marché saturé où Apple et Samsung règnent en maîtres ? La réponse tient en trois piliers stratégiques :
  Pilier Impact potentiel Souveraineté logicielle Créer un "plan B" si Apple ou Google venaient à censurer les applications de l'écosystème Musk (X, Tesla). Écosystème Tesla Un terminal qui servirait de clé ultra-sécurisée, de centre de contrôle pour les robots Optimus et de hub de calcul pour la conduite autonome. IA & Neuralink Musk a évoqué un appareil optimisé pour les réseaux neuronaux, offrant une latence minimale pour une future interface cerveau-machine.
Si l'idée séduit, les obstacles restent colossaux. Intégrer une antenne satellite puissante dans un châssis fin sans sacrifier la batterie relève de la prouesse technique.
« Faire communiquer un objet de 150 grammes avec un satellite à 500 km d’altitude demande une efficacité énergétique que nos processeurs actuels atteignent à peine », explique un analyste hardware.

De plus, SpaceX devrait affronter les régulateurs nationaux pour obtenir des licences de fréquences mobiles, une guerre diplomatique que les opérateurs historiques ne comptent pas perdre sans combattre.

Le « dernier recours » ?

Pour l'heure, la stratégie d'Elon Musk semble être celle de la dissuasion. En laissant planer l'ombre d'un smartphone Starlink, il s'assure qu'Apple et Google maintiennent une neutralité vis-à-vis de ses entreprises.

Cependant, avec l'explosion de l'IA générative embarquée et la montée en puissance de la constellation Starlink, le passage du statut de fournisseur de réseau à celui de fabricant de matériel n'a jamais semblé aussi logique. Si un tel appareil voit le jour, il ne s'appellera sans doute pas un "smartphone", mais un terminal de communication universel.

Pionnier de la presse en ligne avec le lancement de NetEconomie.fr en 1999, Jérôme Bouteiller est… En savoir plus sur cet auteur

Mercredi 11 Février 2026

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