​Mats Carduner, fifty-five : "les annonceurs veulent reprendre le contrôle de leurs données"


Ancien directeur de Google France, Mats Carduner est aux commandes de fifty-five, une société de conseil à la jonction entre IT, publicité et relation client, bras armé du groupe You & Mister Jones dans la data.



Que fait une Data Company au sein d'un groupe de "BrandTech" ? Quel est votre positionnement ?
 
MC - Nous définissons fifty-five comme une société de conseil technologique, qui aide les marques à exploiter la donnée pour améliorer leur connaissance client, les parcours utilisateurs ou mieux cibler la publicité.
 
Alors que tout le marché évoque des rapprochements entre sociétés de conseil en stratégie, agences de communication et sociétés de services informatiques,  fifty-five a décidé de rejoindre You & Mister Jones, afin de créer l'un des tous premiers groupes intégrés dans ces métiers, autour de cette notion de "BrandTech".
 
Concrètement, nous sommes à la jonction entre IT, publicité et relation client, et nous veillons à ce que les données puissent correctement irriguer tous les départements de l'entreprise ou de ses prestataires traditionnels, et ainsi contribuer efficacement à la transformation des organisations.
 
Le monde de la publicité est en train de téléscoper celui du CRM ?
 
MC - Oui et les grandes organisations ne peuvent plus se permettre une organisation en silo. Avec le digital, les réseaux sociaux ou l'internet des objets, les données se multiplient et permettent non seulement de mieux connaître ses clients mais également de piloter son achat d'espace, en ciblant en programmatique les bonnes personnes, au bon moment et sur le bon écran.
 
fifty-five dispose ainsi non seulement d'une expertise des grandes plateformes de cloud computing (Google, Alibaba, Amazon Web Services,…)- , qui stockent les données, mais également de certifications Google dans l'Analytics ou l'achat média programmatique.
 
C'est un positionnement unique dans le data marketing, qui nous permet de collecter, valoriser et exploiter intelligemment les données de nos clients, et ainsi leur permettre de se développer dans un environnement particulièrement complexe et concurrentiel.
 
Ces données doivent-elles être chez le client ou chez un prestataire ?
 
C'est une question stratégique que doivent se poser les directions marketing mais également les directions informatiques, les directions financières ou la direction générale. Comme je le disais, nous nous définissons comme une société de conseil et nous pensons effectivement que les annonceurs veulent, et doivent, reprendre le contrôle de leurs données.
 
Nous travaillons d'ailleurs aussi bien avec des grandes marques et avec leurs agences de communication, qu'avec des pure players, qui ont internalisé l'achat d'espace. Dans les deux cas, nos clients ont besoin de notre expertise dans la donnée pour déployer les bonnes infrastructures, analyser ces masses de données et les exploiter efficacement.
 
Nous travaillons par exemple pour Sarenza sur une plateforme baptisée RANK, qui exploite les données Google Analytics ou Eulerian et qui est un véritable outil d'amélioration du merchandising et d’aide à la décision. Cette intermédiation crée de la valeur pour nos clients même s’ils disposent de leurs propres équipes de trading.
 
On observe une multiplication d'alliances autour de la data. Cela peut-il impacter vos métiers ?
 
Le marché français réagit effectivement en constituant des alliances. Mais des géants tels que Google, Facebook, Amazon ou Alibaba ont des années d'avance et déjà une couverture globale.
 
La montée en puissance de la publicité programmatique offre beaucoup d'opportunités aux annonceurs mais elle s'accompagne également de nouveaux challenges en matière de transparence, de visibilité ou de brand safety.
 
Et fifty-five se positionne en tiers de confiance pour accompagner les annonceurs dans leur conquête de ce nouvel univers.


Lundi 16 Octobre 2017

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