La boîte à outils du journaliste mobile - 2e édition novembre 2013


En septembre 2013 et suite à une formation donnée dans une école de journalisme à Bruxelles, je me suis rendu compte du fossé qui existe encore entre les écoles de journalisme, les rédactions traditionnelles et les possibilités de production de contenu offertes directement par les smartphones. J'ai décidé de proposer une boîte à outils du journaliste qui désire produire par ou pour le mobile. En voici déjà la seconde édition.



Dans cette nouvelle édition de la boîte à outils vous retrouverez de nouveaux outils (ntt pour les reportages audio) et  l'intégration des solutions Windosphone, grandes oubliées de la première mouture.

J'ai aussi imaginé une checklist "d'avant reportage" pour le journaliste qui se décide à sauter le pas et partir sur le terrain avec son téléphone mobile comme copain de jeu.

Vos retours et autres pépites mobiles (applications, retours d'expérience...) sont les bienvenus. J'enrichirai la page avec vos exemples de terrain.

Bonne Lecture.


Mais pourquoi travailler avec un téléphone mobile et pas une caméra?

C'est la question que j'entends le plus souvent au suujet de ma "geekerie" mobile. 

Pour répondre à cette question, je montre souvent mon sac à dos de Sport Billy (référence aux années 80 désolé pour les plus jeunes). Le gain de place  est sans doute la première des réponses. Le hasard de la vie m'a affublé d'une cane dont je me sépare peu depuis un accident de la route. Je me vois mal du coup réaliser mes activités de blogueur avec un matériel sur le dos qui pèse un âne mort. Travailler avec un mobile (ou à la rigueur une pocket cam qu'on tient en main) me permet de produire du contenu éditorial enrichi, très rapidement en évitant la plupart des galères que tout le monde connait en reportage: quand ma batterie me lâche, je passe sur un second terminal, quand ce second terminal me lâche (si si ça arrive) je peux passer sur l'enregistreur numérique qui ne me quitte jamais.... et tout tient dans un petit sac, avec l'indispensable multiprise et chargeurs de réserve inclus.

La seconde raison, mais je m'en suis aperçu en cours de route, c'est l'absence ou presque de contrainte liée à la taille ou l'installation de l'outil, qui du coup sait se faire oublier:

- On peut dégainer un mobile en à peu près 7 secondes, là où il me faut environ une petite minute à être prêt quand je travaille avec une mini caméra HD et son attirail de micros déportés, de balances de blancs etc. Souvent... l'urgence à quitté le cadre pendant le temps que je passe à "être prêt". Je n'ai jamais eu ce souci avec un mobile.

- On  peut partager très rapidement depuis un mobile, avec ou sans montage. En 2006 je piquais mes vieux en usb sur mon pc et je me demandais où est-ce que de Myspace à Google vidéos, je pourrais bien poster mes petits bidouillages mobiles. C'était la partie la plus casse-pieds. Aujourd'hui, avec les "share to" et les applications dédiées, pour peu que le réseau me suive, j'arrive à poster quasiment en temps réel. Certes c'est peu pertinent quand comme moi on parle de musique ou de mobilité... ca peut faire sens quand Brad Pitt fait une entrée impromptue sur un photocall de Cannes, ou qu'un ministre se lâche à la sortie du conseil..

- On peut se permettre des plans ou des conditions de tournages un peu étranges. Myspace et Google Vidéos sont morts, emportant avec eux les premiers phonecast de Benzinemag tournés en 2006. Et c'est bien dommage A l'époque je venais de recevoir un Nokia 6288 (faites une recherche dans Google, ça fait peur), et par hasard à la sortie d'un festival des Inrocks à la Cigale, j'ai croisé Babet violoniste de Dionysos, venue présenter à l'arrache quelques morceaux de son premier album solo. C'était la nuit, il faisait sombre et la jeune femme était disposée à discuter avec moi, parce qu'elle connaissait mon blog. J'ai sorti mon téléphone presque par réflexe. Et tandis qu'on discutait en marchant dans la rue sur le chemin qui l'emmenait chez elle, je posais mes questions, et Babet y répondait. C'est dommage que ces images (dont mon frangin JRI a à l'époque juste rehaussé la luminosité) ont disparu, parce qu'on y constate que la chanteuse me parle à moi, et pas à mon téléphone. Les réponses sont proches de celles que je peux recevoir quand on fait des interviews papiers. Le ton est détendu, les réponses sincères, l'outil de captation se fait oublier au profit de la relation humaine.  

J'ai réitéré ensuite ce type de reportages.En loges, au restaurant avec Bumcello, au café avec Ami Karim, un slammeur... Je me souviens avoir suivi les islandaises du groupe Amiina depuis leur label, puis dans la rue, pour finir dans la rame de métro qui les emmenait vers l'aéroport. A force de chercher je trouvais des manières pour que ce qui était devenu un n93 d'abord, puis un C7 toujours de Nokia, tremblent le moins possible, pour préparer des coupes à mon monteur de frangin, pour faire en sorte que ma voix proche du mobile ne prenne pas le pas sur celle des interviewés plus lointains, pour effectuer des relances discrètes  ou des traductions à la volée, qui facilitaient le montage rapide si montage il devait y avoir...

(ci dessous la vidéo timbre poste avec Amiina repostée de Google Vidéo à Youtube)




Il ne me reste plus qu'un exemple assez abouti de cette période de débrouille. Une interview de Brisa Roché: une rockeuse américaine installée à Paris, sur Youtube, qui lui n'a pas encore fermé. la charmante jeune maman à l'époque m'a accueilli chez elle, et on a causé pendant une quinzaine de minutes, dont je n'ai enlevé qu'un bref moment où la demoiselle s'est éclipsée donner le lait maternel à son rejeton.  On y voit, un peu, le ton détendu, et je crois, le  principe d'une caméra qui se fait oublier au profit de l'histoire que les interlocuteurs se sont racontés.  C'est pour cette dernière raison que j'AIME encore aujourd'hui travailler avec ce genre d'outils.




Une vidéo réalisée à l'Ipad dans les coulisses d'un tournage pour le compte de mon employeur.

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Chef de projet web et mobile en agence et chez l’annonceur, depuis 2001. Développement de… En savoir plus sur cet auteur

Mardi 22 Octobre 2013

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