Huawei a présenté jeudi 1er octobre 2026 la série Mate 90. Le groupe veut montrer qu’un smartphone premium peut encore progresser alors que les restrictions américaines limitent son accès aux outils de gravure les plus avancés. Le pari tient en une puce redessinée, un système qui n’est plus Android, et un prix que Richard Yu, patron de l’activité grand public, a commencé à justifier dès mardi.
Replier la puce faute de gravure plus fine
La lignée succède au Mate 80, lancé en novembre 2025. Les modèles premium, dont le Mate 90 Pro Max, embarquent le Kirin 9050 Pro. Huawei présente ce système sur puce comme le produit d’une technique qu’elle appelle LogicFolding. Le câblage interne n’est plus organisé sur un plan : il est restructuré en trois dimensions, pour une densité plus forte et un traitement plus rapide. La contrepartie, relevée par Reuters, est industrielle. La méthode exige davantage de wafers, ces galettes de silicium dont la capacité avancée est déjà disputée en Chine.
Huawei affirme que les Mate 90 les plus haut de gamme gagnent 31 % en performance globale face à la génération phare précédente. C’est une revendication du constructeur, pas une mesure indépendante. Le groupe dit vouloir réutiliser cette technique sur de futurs smartphones.
Le fondeur n’est pas nommé. Huawei ne dit pas qui fabrique le Kirin 9050 Pro. Reuters note que SMIC, premier fondeur logique chinois, est largement considéré comme le producteur des Kirin de la série Mate et des processeurs d’intelligence artificielle Ascend. Rien ne le confirme : SMIC n’a pas répondu à une demande de commentaire. Attribuer la puce à une usine précise irait au-delà de ce qui a été dit.
La contrainte n’est pas seulement celle des licences américaines. Mardi, devant des journalistes, Yu a été explicite : « La capacité en semi-conducteurs avancés reste très limitée en Chine, et les puces d’IA Ascend de Huawei puisent dans la même capacité. » La capacité disponible pour les puces de smartphones demeure tendue, a-t-il ajouté, alors même que la hausse des prix a déjà freiné les volumes. Le mois dernier, à Shanghai, Eric Xu, président tournant, avait indiqué que l’offre d’Ascend 950 ne couvrait pas la demande intérieure, pour les mêmes raisons.
Yu situe aussi le niveau technique de l’industrie chinoise. La fabrication avancée repose encore, selon lui, sur la lithographie en ultraviolet profond (DUV). L’ultraviolet extrême (EUV) est à ses yeux « précieux », mais les industriels chinois y travaillent encore. Le LogicFolding est présenté comme un gain de performance sans ces outils. Il ne crée pas de capacité. Chaque galette orientée vers un Kirin de téléphone est une galette qui ne part pas vers les accélérateurs vendus aux clients de l’IA.
Huawei affirme que les Mate 90 les plus haut de gamme gagnent 31 % en performance globale face à la génération phare précédente. C’est une revendication du constructeur, pas une mesure indépendante. Le groupe dit vouloir réutiliser cette technique sur de futurs smartphones.
Le fondeur n’est pas nommé. Huawei ne dit pas qui fabrique le Kirin 9050 Pro. Reuters note que SMIC, premier fondeur logique chinois, est largement considéré comme le producteur des Kirin de la série Mate et des processeurs d’intelligence artificielle Ascend. Rien ne le confirme : SMIC n’a pas répondu à une demande de commentaire. Attribuer la puce à une usine précise irait au-delà de ce qui a été dit.
La contrainte n’est pas seulement celle des licences américaines. Mardi, devant des journalistes, Yu a été explicite : « La capacité en semi-conducteurs avancés reste très limitée en Chine, et les puces d’IA Ascend de Huawei puisent dans la même capacité. » La capacité disponible pour les puces de smartphones demeure tendue, a-t-il ajouté, alors même que la hausse des prix a déjà freiné les volumes. Le mois dernier, à Shanghai, Eric Xu, président tournant, avait indiqué que l’offre d’Ascend 950 ne couvrait pas la demande intérieure, pour les mêmes raisons.
Yu situe aussi le niveau technique de l’industrie chinoise. La fabrication avancée repose encore, selon lui, sur la lithographie en ultraviolet profond (DUV). L’ultraviolet extrême (EUV) est à ses yeux « précieux », mais les industriels chinois y travaillent encore. Le LogicFolding est présenté comme un gain de performance sans ces outils. Il ne crée pas de capacité. Chaque galette orientée vers un Kirin de téléphone est une galette qui ne part pas vers les accélérateurs vendus aux clients de l’IA.
Deux mille yuans de plus, et une mémoire à 200 dollars
Le Mate 90 Pro Max en 16 Go de mémoire vive et 512 Go de stockage est affiché 9 999 yuans, soit 1 491 dollars au taux retenu par Reuters (un dollar pour 6,7045 yuans). L’écart avec la même configuration du prédécesseur, à son lancement, est de 2 000 yuans. Le Mate 90 démarre à 5 999 yuans, le Mate 90 Pro à 6 999 yuans.
Fast Technology, site chinois, ajoute le jour même un Pro Max 12 Go / 512 Go à 9 499 yuans, équipé selon ce site d’un Kirin 9050, le 9050 Pro étant réservé au 16 Go / 512 Go et à une édition collector. Reuters, elle, parle de modèles premium, « y compris » le Pro Max, motorisés par le 9050 Pro. Cette nuance n’a pas été recoupée sur le site grand public de Huawei. Le tarif ferme reste celui de l’agence.
Les fabricants chinois, confrontés à la hausse des mémoires et d’autres composants, remontent leurs tarifs et poussent les expéditions vers le premium. Yu chiffre le choc : 200 dollars de plus en moyenne par téléphone, au détriment des marges. « Nous devons aussi augmenter les prix, mais à un rythme plus lent. »
Les données d’IDC citées par Reuters mesurent le décalage. De janvier à août, les expéditions de smartphones en Chine ont reculé de 7 % sur un an, celles de Huawei ont progressé de 13 %. Au deuxième trimestre, le prix moyen du marché chinois a grimpé de 11,3 %, à 543 dollars. Celui de Huawei a baissé de 14,7 %, à 628 dollars. Huawei reste au-dessus de la moyenne du marché, mais son prix moyen a baissé pendant que le secteur montait. Relever les tarifs moins vite que la mémoire, c’est comprimer la marge pour tenir le volume.
Les Mate 90 tournent sous HarmonyOS 7, sans Android. Huawei dit que le système prend en charge plus de 450 000 applications et services. Privé depuis des années des services mobiles de Google, le groupe fait de cet inventaire un argument commercial au même titre que la puce.
Fast Technology, site chinois, ajoute le jour même un Pro Max 12 Go / 512 Go à 9 499 yuans, équipé selon ce site d’un Kirin 9050, le 9050 Pro étant réservé au 16 Go / 512 Go et à une édition collector. Reuters, elle, parle de modèles premium, « y compris » le Pro Max, motorisés par le 9050 Pro. Cette nuance n’a pas été recoupée sur le site grand public de Huawei. Le tarif ferme reste celui de l’agence.
Les fabricants chinois, confrontés à la hausse des mémoires et d’autres composants, remontent leurs tarifs et poussent les expéditions vers le premium. Yu chiffre le choc : 200 dollars de plus en moyenne par téléphone, au détriment des marges. « Nous devons aussi augmenter les prix, mais à un rythme plus lent. »
Les données d’IDC citées par Reuters mesurent le décalage. De janvier à août, les expéditions de smartphones en Chine ont reculé de 7 % sur un an, celles de Huawei ont progressé de 13 %. Au deuxième trimestre, le prix moyen du marché chinois a grimpé de 11,3 %, à 543 dollars. Celui de Huawei a baissé de 14,7 %, à 628 dollars. Huawei reste au-dessus de la moyenne du marché, mais son prix moyen a baissé pendant que le secteur montait. Relever les tarifs moins vite que la mémoire, c’est comprimer la marge pour tenir le volume.
Les Mate 90 tournent sous HarmonyOS 7, sans Android. Huawei dit que le système prend en charge plus de 450 000 applications et services. Privé depuis des années des services mobiles de Google, le groupe fait de cet inventaire un argument commercial au même titre que la puce.
Le pliable, 75 % revendiqués face à l’iPhone Duo
Apple a annoncé le mois dernier son premier pliable, l’iPhone Duo, sur un segment longtemps tenu par Samsung et par des rivaux chinois, Huawei en tête. Le Mate 90 n’est pas un pliable, mais il sort alors que Huawei aligne déjà ses volumes face à cette entrée.
Yu dit accueillir le concurrent : « Je suis très heureux de voir le lancement d’un produit similaire par nos pairs. » Il revendique environ 75 % du marché chinois du téléphone pliable. Entre le 10 et le 13 septembre, selon ses chiffres, les ventes du Pura X Max ont bondi de 76 % d’une semaine sur l’autre, juste après le lancement de l’iPhone Duo. Ce modèle, de format proche de l’appareil d’Apple, aurait dépassé 1,2 million d’unités en Chine depuis avril.
Ces chiffres viennent de Huawei, pas d’un institut. Le repère externe cité par Reuters est celui de Counterpoint Research, et il porte sur Apple : 6 millions d’iPhone Duo attendus en 2026, dont près d’un quart en Chine, premier marché mondial du pliable. Cette part représente de l’ordre de 1,5 million d’appareils sur l’année. Le parallèle avec les 1,2 million annoncés pour le seul Pura X Max n’est pas un classement. Il montre que l’entrée d’Apple n’est pas marginale, et que Huawei répond par ses ventes plutôt que par une baisse de prix.
Au total, Huawei met en avant une puce plus gourmande en silicium, déjà disputé par les Ascend, des prix relevés moins vite que la mémoire, et une part d’environ 75 % du pliable chinois qu’elle est seule, pour l’instant, à avancer. La suite se lira dans les expéditions, et dans une capacité de production que le groupe ne nomme toujours pas.
Yu dit accueillir le concurrent : « Je suis très heureux de voir le lancement d’un produit similaire par nos pairs. » Il revendique environ 75 % du marché chinois du téléphone pliable. Entre le 10 et le 13 septembre, selon ses chiffres, les ventes du Pura X Max ont bondi de 76 % d’une semaine sur l’autre, juste après le lancement de l’iPhone Duo. Ce modèle, de format proche de l’appareil d’Apple, aurait dépassé 1,2 million d’unités en Chine depuis avril.
Ces chiffres viennent de Huawei, pas d’un institut. Le repère externe cité par Reuters est celui de Counterpoint Research, et il porte sur Apple : 6 millions d’iPhone Duo attendus en 2026, dont près d’un quart en Chine, premier marché mondial du pliable. Cette part représente de l’ordre de 1,5 million d’appareils sur l’année. Le parallèle avec les 1,2 million annoncés pour le seul Pura X Max n’est pas un classement. Il montre que l’entrée d’Apple n’est pas marginale, et que Huawei répond par ses ventes plutôt que par une baisse de prix.
Au total, Huawei met en avant une puce plus gourmande en silicium, déjà disputé par les Ascend, des prix relevés moins vite que la mémoire, et une part d’environ 75 % du pliable chinois qu’elle est seule, pour l’instant, à avancer. La suite se lira dans les expéditions, et dans une capacité de production que le groupe ne nomme toujours pas.



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