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France Travail teste une IA pour cibler les demandeurs d’emploi à contrôler en priorité


France Travail expérimente une intelligence artificielle capable d’analyser 26 critères pour identifier les demandeurs d’emploi à contrôler en priorité, dans le cadre d’un objectif de 1,5 million de contrôles d’ici 2027.



France Travail expérimente un système d’intelligence artificielle destiné à sélectionner les demandeurs d’emploi considérés comme les plus susceptibles de faire l’objet d’un contrôle. Basé sur l’analyse de 26 critères, cet outil vise à automatiser une partie des contrôles, mais suscite déjà des interrogations sur la transparence et les risques de discrimination algorithmique.

Selon des informations révélées par La Quadrature du Net et la cellule investigation de Radio France, France Travail développe un projet baptisé « Ciblage du contrôle de la recherche d’emploi ». L'objectif est d'utiliser l'intelligence artificielle pour identifier automatiquement les dossiers nécessitant un contrôle approfondi, afin d'alimenter le dispositif de vérification de la recherche d'emploi.

Pour évaluer chaque dossier, le système analyse 26 variables, parmi lesquelles figurent les activités déclarées, les entretiens réalisés, la visibilité du demandeur auprès des recruteurs, le niveau de formation, les services mobilisés, l'historique des manquements ainsi que l'ancienneté de l'inscription.

À partir de ces informations, l'algorithme classe les demandeurs d'emploi dans différentes catégories, afin de déterminer ceux qui devront être contrôlés en priorité. À ce stade, le système ne prononce aucune sanction et sert uniquement à orienter les contrôles.

France Travail envisage d'étendre progressivement ce dispositif à d'autres publics. Avec l'inscription obligatoire des bénéficiaires du RSA depuis le 1er janvier 2026, plus de 6 millions de personnes pourraient, à terme, être analysées chaque mois par cet algorithme afin d'établir des listes de contrôles ciblés.
 

 

Cette expérimentation s'inscrit dans la volonté des pouvoirs publics d'augmenter le nombre de contrôles des demandeurs d'emploi. Après environ 200 000 contrôles en 2017 et 944 000 en 2025, le gouvernement vise 1,5 million de contrôles en 2027. L'utilisation de l'intelligence artificielle apparaît ainsi comme un moyen d'automatiser une partie de ce processus face au volume de dossiers à traiter.

Le projet soulève toutefois de nombreuses interrogations. Si France Travail affirme que son système repose sur des critères objectifs afin de limiter les biais, plusieurs associations s'inquiètent du manque de transparence sur le fonctionnement de l'algorithme et des risques liés au profilage automatisé.

Les critiques portent notamment sur la capacité d'une intelligence artificielle à évaluer équitablement la situation d'un demandeur d'emploi à partir de critères tels que son niveau de formation ou sa visibilité auprès des recruteurs, ainsi que sur la difficulté d'assurer une supervision humaine efficace à grande échelle.




Vendredi 24 Juillet 2026


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