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Ecosia quitte Mistral pour Melious


Ecosia remplace en partie Mistral par des modèles ouverts (Qwen, GLM, Kimi) servis par la plateforme allemande Melious, selon son patron Christian Kroll. Qualité, coûts et souveraineté : ces arguments ne sont pas vérifiés, et Mistral a réagi.



Ce qu’a déclaré Christian Kroll

Le visuel choisi par Ecosia pour illustrer ses fonctions d’intelligence artificielle. © Ecosia
Le visuel choisi par Ecosia pour illustrer ses fonctions d’intelligence artificielle. © Ecosia
Dans un entretien publié par Politico le 6 octobre, Christian Kroll, fondateur et directeur général d’Ecosia, a annoncé que le moteur de recherche berlinois abandonnait Mistral au profit de modèles ouverts, dont des modèles chinois. Ecosia avait remplacé OpenAI par Mistral en mai pour ses fonctions d’IA. « Nous sommes déçus par la qualité de Mistral », a déclaré Christian Kroll, qui juge les modèles du laboratoire français « en retard d’un an » sur la concurrence.

Il invoque aussi des problèmes techniques récurrents, dont des serveurs saturés : « Nous étions simplement un client trop important pour Mistral. » Il met enfin en doute la compatibilité de Mistral avec les objectifs environnementaux d’Ecosia, en raison du poids du nucléaire dans le mix électrique français, ainsi que sa souveraineté, car l’entreprise dépend d’investisseurs internationaux. Ces appréciations sont celles du dirigeant d’Ecosia. Mistral n’a pas répondu à la demande de commentaire de Politico.

Melious, la plateforme allemande choisie

Ecosia s’appuie sur Melious, une plateforme qui donne accès à des modèles à poids ouverts, notamment les modèles chinois Qwen (Alibaba), GLM (Z.ai) et Kimi (Moonshot AI). Le site de Melious indique proposer plus de 60 modèles via une seule interface, hébergés sur des infrastructures européennes, et assure ne jamais utiliser les requêtes pour l’entraînement. Il affirme aussi que ses installations ont été vérifiées par staysin.eu, un contrôle que nous n’avons pas pu recouper.

Le 9 octobre, Christian Kroll a précisé à EU-Startups que l’enjeu n’était pas l’origine chinoise des modèles. Il a dit qu’Ecosia utiliserait « probablement » Melious à l’avenir, une formule moins ferme que celle de Politico. Simon Jakobs, patron de Melious, affirme qu’un modèle n’est qu’un ensemble de poids hébergés sur ses serveurs, qui ne peut pas renvoyer de données à ses concepteurs.

La réponse d’Arthur Mensch et de Mistral

Le 8 octobre, Arthur Mensch, directeur général de Mistral, a répondu sur X : « Nous les servons aussi ! Désolé si l’énergie nucléaire est vraiment un point de blocage. » Selon la presse, « les » désigne des modèles ouverts chinois que Mistral héberge également. Guillaume Lample, cofondateur et directeur scientifique, a de son côté déclaré à Politico, lors d’une conférence de presse le 5 octobre, qu’il encourageait Ecosia à tester le nouveau modèle de Mistral et pouvait lui offrir un accès anticipé.

Ce nouveau modèle est Mistral Large 4, présenté le 6 octobre. C’est un sujet distinct de la décision d’Ecosia, qui n’a pas annoncé l’avoir testé.

Ce que dit la page d’aide d’Ecosia

La page d’aide d’Ecosia sur l’IA générative est plus nuancée que l’entretien. Elle indique qu’Ecosia utilise « plusieurs modèles en parallèle, notamment Mistral et des modèles à poids ouverts », selon le type de requête, et qu’elle poursuivra cette approche. Les résumés IA y sont encore présentés comme reposant sur un modèle Mistral Small 3.2, et le chat IA comme transmis à un fournisseur externe, Mistral. Cette page ne dit pas que Mistral est entièrement abandonné et ne détaille pas quel modèle répond à quelle requête. Technode relève d’ailleurs qu’Ecosia ne quitte pas officiellement Mistral.

Ce qui reste invérifiable

Plusieurs éléments reposent uniquement sur Christian Kroll. Il affirme avoir « à peu près divisé par deux » ses coûts tout en améliorant qualité et performances, sans méthode ni chiffres publiés. Le retard d’un an de Mistral est son jugement, pas une mesure. Le contrat entre Ecosia et Melious n’est pas public, et la date de bascule complète n’est pas connue.

Les modèles chinois posent aussi la question des biais. Selon Politico, une enquête de NewsGuard a constaté que cinq grands modèles chinois ne réfutaient pas, de façon répétée, des affirmations fausses favorables à la Chine. Christian Kroll estime que ces biais se corrigent techniquement et dit pouvoir changer de modèle sur les sujets sensibles, comme Taïwan. Rasmus Rothe, de l’association allemande de l’IA, juge la censure explicite corrigeable, mais les biais subtils bien plus difficiles à traiter.

Pigiste pour EcranMobile.fr En savoir plus sur cet auteur


Lundi 12 Octobre 2026

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