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Le rendez-vous raté du web et du mobile

Rédigé par le Vendredi 24 Septembre 2021

Retrouvez la chronique Mobile Business de Jérôme Bouteiller, diffusée ce jeudi 24 septembre dans Smart Tech, l'émission de Delphine Sabattier sur Bsmart



C’est l’heure de notre rendez vous Mobile Business avec Jérôme Bouteiller, qui se demande ce matin si le mobile n’a pas raté son rendez-vous avec le mobile.
 
Bonjour Delphine. Nous avons discrètement célébré cet été les 30 ans du World Wide Web. C’est en effet le 06 Août 1991 qu’un certain Tim Berners Lee, alors ingénieur informatique au CERN, à la frontière franco-suisse, avait décidé de dévoiler un ensemble de technologies comme le HTTP, le HTML et les premiers serveurs et navigateur web
 
Toutes ces technologies open source, encadrées par le World Wide Web Consortium, également créé par Time Berners Lee, permettront de créer une toile de documents électroniques, reliées entre eux par les fameux liens hypertexte, une toile rebaptisée « world wide Web », et qui se déploiera tout au long des années 90, donnant naissance à d’innombrables start-up telles que Netscape, Yahoo, Lycos, Excite ou bien entendu Google.
 
Une toile qui n’était pas optimisée pour les mobiles ?
 
Et non, dans les années 90, le mobile est encore balbutiant et le World Wide Web s’adresse en premier lieux aux ordinateurs. 
 
La première machine connectée au Web, c’est un ordinateur NextStep, la firme créée par Steve Jobs après avoir été viré d’Apple, et sur laquelle travaille Time Berners Lee.
 
Et il faudra attendre 1993, et le navigateur Mozaic, pour que le web devienne accessible aux ordinateurs Apple et Windows. Mais à l’époque, un navigateur web est trop gourmand pour les tous premiers smartphones.
 
Des acteurs du mobile décident alors de créer une version simplifiée du web, le i-Mode au Japon, ou le WAP en Europe, avec très peu d’images et des pages ultra légères, ne dépassant pas les 10 kilo octets.  
 
Mais le W3C de Time Berners Lee ne soutient pas ces initiatives qui contribuent à fragmenter le web entre différentes technologies incompatibles entre elles.
 
Un succès mitigé ?
 
Si le i-mode remporte un certain succès au Japon, notamment grâce à l’activisme de NTT DoCoMo qui parvient à créer un écosystème vertueux, le WAP est par contre un échec en Europe, avec peu de contenus et un business model inadapté.
 
Pendant les années 2000, le web peine à se trouver une place sur les tous premiers smartphones et il faut attendre 2007 pour qu’Apple proclame la fin du « baby internet » avec un iPhone suffisamment puissant pour que son navigateur, Safari, affiche de véritables pages web.
 
Les années qui vont suivre sont celles du web « responsive » et en 2015, le W3C croie enfin à la réunification du web et du web mobile, avec une norme unique : le HTML 5.
 
Pourquoi parler de rendez vous manqué ?
 
Parce que dès 2016, le mobile impose la création de nouveaux standards. Très soucieux de l’expérience des utilisateurs, Google va par exemple créer AMP, Accelerated Mobile Page, une nouvelle norme web mobile open source mais qui ne bénéfice toujours pas du soutien du W3C.
 
Google va également pousser le concept des Progressive Web App, des sites web qui se téléchargent partiellement sur le navigateur du mobile, et qui proposent des fonctionnalités avancées comme le mode déconnecté.
 
Des innovations qui se traduisent pour les développeurs par la co-existence d’une version « desktop » et, comme à l’époque du Wap, d’une seconde version optimisée pour les mobiles.
 
Des sites mobiles qui séduisent néanmoins les consommateurs ?
 
Si l’audience du web a effectivement majoritairement basculé sur mobile, cet environnement ne séduit plus les nouvelles générations.
 
Selon plusieurs études réalisées par App Annie, Flurry ou encore Médiamétrie, 90% du temps passé sur les mobiles se fait dans les applications contre à peine 10% sur un navigateur Web.
 
30 ans après sa création, le web est toujours très présent sur desktop mais il a raté son rendez-vous avec le mobile, et ce concept décentralisé, libre voire libertaire, pourrait un jour disparaitre au profit d’un monde numérique principalement basé sur des applications ou des « super applications », sous le contrôle de géants chinois ou américains…

Revoir sur Bsmart https://www.bsmart.fr/video/8827-smart-tech-partie-23-septembre-2021
 



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