Une usine pour 150 étages supérieurs par an
Vue d’artiste de l’extension de Rocket Park, en Floride, où Blue Origin veut produire jusqu’à 150 étages supérieurs de New Glenn par an à partir de l’été 2027. Crédit : Blue Origin
La société de Jeff Bezos a dévoilé le 16 octobre, dans un billet signé par Ian Richardson, son vice-président senior chargé des opérations, une série d’investissements en Floride. Pièce maîtresse du plan : une extension de 330 millions de dollars de Rocket Park, son campus industriel de 1,37 million de pieds carrés situé près du Kennedy Space Center de la NASA. Une fois achevée, à l’été 2027, elle permettra de produire jusqu’à 150 étages supérieurs par an pour la version 9x4 de New Glenn, équipée de neuf moteurs BE-4 sur le premier étage et de quatre moteurs BE-3U sur le second. « Ces investissements visent un seul objectif : bâtir la capacité de soutenir davantage de missions, de manière plus fiable et plus efficace », écrit Ian Richardson. « Cette infrastructure est conçue pour permettre plusieurs vols par semaine d’ici la fin de la décennie. »
De nouveaux pas de tir et deux navires
Blue Origin prévoit d’ajouter de nouveaux pas de tir sur la Space Coast, en plus des deux installations du complexe LC-36 à Cape Canaveral. Le LC-36A, utilisé par New Glenn dans sa version 7x2, est en cours de remise en état après l’explosion survenue en mai lors d’un essai statique. Le LC-36B, en construction, accueillira la version 9x4. Les emplacements des futurs pas de tir n’ont pas été précisés. L’entreprise a également demandé que le nombre de lancements autorisés au LC-36 passe de 12 à 50 par an ; selon Spaceflight Now, la FAA organise une audience publique virtuelle le 22 octobre et la consultation se termine le 30 octobre. Deux nouveaux navires viendront aussi renforcer la flotte chargée de récupérer les premiers étages réutilisables.
Préparer plusieurs missions en parallèle
Pour tenir une cadence élevée, il faut aussi pouvoir préparer plusieurs charges utiles à la fois. Blue Origin construit, en partenariat avec l’US Space Force, un centre d’intégration des clients doté de quatre baies pour les charges utiles et de deux baies d’encapsulation, capable de traiter des missions de sécurité nationale. Un nouveau bâtiment d’intégration verticale est par ailleurs en chantier. Au total, l’entreprise affirme avoir investi plus de 3 milliards de dollars en Floride, où elle emploie plus de 5 000 personnes réparties sur plus de 20 sites dans les comtés de Brevard et d’Orange.
La course aux lanceurs s’intensifie
Cette offensive intervient dans un contexte de pénurie de capacités de lancement. Selon CNBC, SpaceX a cessé de proposer des vols commerciaux sur sa fusée Falcon 9 pour donner la priorité à Starship, ce qui pousse clients et investisseurs vers d’autres acteurs. Blue Origin a bouclé sa première levée de fonds externe, à hauteur de 10 milliards de dollars, pour une valorisation de 140 milliards selon le Wall Street Journal, cité par CNBC. L’entreprise vise un retour en vol de New Glenn d’ici la fin 2026. Pour le grand public, l’enjeu est indirect mais réel : Blue Origin et SpaceX font partie des lanceurs d’Amazon pour sa constellation Internet Amazon Leo, et la multiplication des fusées disponibles conditionne la vitesse de déploiement des réseaux satellitaires qui alimenteront demain nos connexions.
Sources : Blue Origin (billet du 16 octobre 2026), CNBC (16 octobre 2026), Spaceflight Now (16 octobre 2026), Ars Technica (16 octobre 2026).
Sources : Blue Origin (billet du 16 octobre 2026), CNBC (16 octobre 2026), Spaceflight Now (16 octobre 2026), Ars Technica (16 octobre 2026).



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